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EIT

Un dispositif pour financer l’innovation dans les établissements d’enseignement supérieur

Les points clés de cet article

L’Institut européen d’innovation et de technologie lance une nouvelle édition de la Higher Education Initiative, dotée de 70 millions d’euros et ouverte jusqu’au 4 mars 2026, afin de stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat dans les établissements d’enseignement supérieur grâce à des alliances transnationales destinées à faire passer des solutions issues du milieu académique au marché.

Des alliances renforcées. L’appel soutient des consortiums réunissant universités, entreprises et acteurs de l’entrepreneuriat pour accroître leur rôle au sein des écosystèmes d’innovation.
Les STEM en priorité. L’initiative encourage les établissements à renforcer leurs capacités d’innovation et d’entrepreneuriat dans les disciplines STEM et à accélérer le transfert vers le marché.
Les universités européennes progressent. Les alliances universitaires européennes consolident leur coopération stratégique avec l’écosystème de l’EIT et élargissent leurs réseaux d’innovation transfrontaliers.
Une couverture financière claire. Le programme finance jusqu’à cent pour cent des coûts éligibles et exige que chaque organisation ne participe en tant que partenaire financé qu’à une seule proposition afin de diversifier la participation.
De la salle de cours au marché. Les projets mettent en place des parcours favorisant la création de nouvelles entreprises, l’attraction d’investissements et la mise sur le marché de solutions technologiques et sociales.

L’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT) lance une nouvelle édition de la Higher Education Initiative (HEI). L’appel EIT HEI 2025 – doté de 70 millions d’euros et dont la date limite de dépôt des propositions est fixée au 4 mars 2026 – vise à renforcer le rôle des établissements d’enseignement supérieur, c’est-à-dire toutes les organisations proposant une formation au-delà du secondaire, au sein des écosystèmes d’innovation grâce à des projets pouvant atteindre 2 millions d’euros. Cette initiative ambitionne de consolider les capacités d’innovation et d’entrepreneuriat des établissements d’enseignement supérieur au moyen d’alliances transnationales réunissant entreprises, centres de connaissance et autres acteurs de l’écosystème entrepreneurial, afin de favoriser l’émergence de solutions ayant un impact réel sur le marché et la société.

L’appel requiert ainsi des consortiums composés d’au moins trois établissements d’enseignement supérieur issus de différents pays éligibles d’Horizon Europe, ainsi qu’une entreprise et une organisation supplémentaire ne relevant pas de l’enseignement supérieur (autre partenaire économique, associations, parcs scientifiques, incubateurs et accélérateurs, investisseurs, etc.). Les projets doivent durer vingt-quatre mois et débuter le 1er septembre 2026.

Axes de l’appel à projets

La Higher Education Initiative de l’EIT est structurée autour de deux axes. Le premier porte sur le renforcement de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans les disciplines STEM par la création d’alliances entre universités et industrie et par la consolidation de structures facilitant le transfert vers le marché. Le second met l’accent sur les alliances universitaires européennes, invitées explicitement à renforcer leur collaboration stratégique avec l’écosystème de l’EIT et à élargir leurs réseaux transfrontaliers d’innovation.

Ces orientations s’appuient sur un constat établi par l’Institut, selon lequel les établissements d’enseignement supérieur doivent jouer un rôle plus actif dans les systèmes d’innovation européens. À cet égard, « l’appel reconnaît que les établissements d’enseignement supérieur peuvent jouer un rôle déterminant si on leur donne les ressources et les incitations appropriées », explique Leyre Gómez, consultante en programmes européens chez Zabala Innovation. Selon elle, cette approche vise à renforcer la compétitivité des établissements, attirer des talents et favoriser des alliances stables à même d’alimenter un flux continu de projets et de solutions issues du milieu académique.

Les entités ayant participé à des éditions précédentes pourront renouveler leur participation, avec l’attente qu’elles deviennent des références en matière d’innovation et d’entrepreneuriat au sein de leurs consortiums. Chaque établissement devra présenter son accréditation nationale et une lettre d’engagement de sa direction identifiant les facultés ou départements impliqués.

Critères et couverture financière

Le programme finance jusqu’à 100 % des coûts éligibles, tout en encourageant une co-financiation destinée à renforcer la durabilité des projets. Les dépenses éligibles comprennent les coûts de personnel, la sous-traitance, les déplacements et séjours, les équipements, les biens et services, le soutien financier à des tiers ainsi que les coûts indirects. Les dépenses seront éligibles durant les deux années d’exécution, entre septembre 2026 et août 2028.

Dans cette édition, comme dans les précédentes, une organisation ne pourra participer en tant que partenaire financé qu’à une seule proposition, mais pourra agir comme associée dans d’autres. Cette règle vise à élargir la participation et diversifier les projets. « Cette limitation cherche à éviter les concentrations et à permettre à un plus grand nombre d’établissements d’accéder à l’initiative », souligne Gómez, qui insiste sur la nécessité pour chaque candidature de définir une stratégie solide de collaboration et de transfert en cohérence avec le modèle du triangle de la connaissance, combinant éducation, recherche et entreprise.

Le programme vise également à ce que les étudiants acquièrent des compétences adaptées aux nouveaux profils professionnels liés à l’innovation. L’employabilité et la préparation à des parcours orientés vers l’entrepreneuriat figurent parmi les objectifs de l’initiative. Parallèlement, elle entend favoriser des communautés inclusives réunissant universités, entreprises, investisseurs et autres acteurs de l’innovation.

Collaboration et transfert effectif

Cette dimension communautaire occupe une place centrale dans l’appel. Comme l’explique Gómez, « il est particulièrement apprécié que les consortiums créent un réseau réellement ouvert et utile à tous leurs membres ». Pour la consultante, l’essentiel est que la collaboration « permette de passer des idées à des résultats concrets capables d’atteindre le marché ».

La transition de la recherche vers le marché constitue en effet un axe prioritaire. L’appel encourage la création de parcours facilitant la création de nouvelles entreprises, l’attraction d’investissements et la maturation de solutions technologiques ou sociales issues de l’activité académique. Cette orientation répond à un défi récurrent en Europe, celui de franchir l’écart entre une science d’excellence et l’application commerciale ou sociale de ses découvertes. Pour Gómez, cette approche « aide les universités à ne pas se limiter à la production de connaissances, mais à devenir des acteurs à part entière du tissu innovant ».

Dans un contexte plus large de stratégie européenne, la Higher Education Initiative s’inscrit dans la mission globale de l’EIT, qui cherche à renforcer la capacité du continent à relever les défis mondiaux grâce à des solutions innovantes et à des réseaux de connaissance transfrontaliers. L’EIT anime le plus vaste écosystème d’innovation d’Europe, rassemblant plus de 2 000 partenaires issus des milieux économique, éducatif et scientifique. Ses programmes ont permis de lancer plus de 3 100 start-ups et scale-ups, qui ont levé plus de 3 milliards d’euros d’investissements externes. Ses initiatives visent à développer les talents entrepreneuriaux et à stimuler la coopération entre secteurs pour que les idées générées au sein des universités, des entreprises ou des centres de recherche puissent se traduire en résultats tangibles.