
Actualités
IA et robotique
L’appel à projets Défi Flagships finance les sous-systèmes innovants pour la robotique
Opéré par Bpifrance, ce dispositif encourage les collaborations industrielles pour renforcer l’autonomie technologique
Santé
Un appel à projets piloté par Bpifrance financera des consortiums capables de prouver leur intérêt pour la recherche biomédicale
Les points clés de cet article
Bpifrance lance, dans le cadre de France 2030, un appel à projets destiné à démontrer la valeur des organoïdes et des organes sur puce pour le développement de nouveaux médicaments. Le dispositif financera des consortiums associant entreprises et acteurs de la recherche afin de produire des preuves scientifiques et réglementaires susceptibles d’accélérer l’adoption de ces technologies, notamment comme alternatives à certaines expérimentations animales. Les projets, dotés d’un budget de 2 à 6 millions d’euros, pourront être déposés jusqu’au 10 juin 2027.
Réduire le recours à l’expérimentation animale, fiabiliser les essais précliniques et accélérer le développement de nouveaux traitements. C’est autour de ces trois enjeux que Bpifrance lance, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Démonstration de la valeur des organoïdes et organes sur puce. Doté d’une ambition à la fois scientifique, industrielle et réglementaire, le dispositif vise à apporter les preuves nécessaires pour favoriser l’adoption de ces technologies dans le développement des futurs médicaments. Une première relève de dépôt des dossiers est fixée au 3 novembre 2026, avant une clôture définitive le 10 juin 2027, sauf épuisement anticipé des crédits.
Encore peu connues en dehors des milieux spécialisés, les deux approches reposent sur une même ambition : reproduire au plus près le fonctionnement d’organes humains en laboratoire. Les organoïdes sont des structures tridimensionnelles cultivées à partir de cellules humaines qui reproduisent certaines caractéristiques d’un organe. Les organes sur puce (organ-on-chip) associent quant à eux des cellules humaines à des dispositifs microfluidiques capables de simuler des fonctions physiologiques dans un environnement contrôlé. L’objectif est de disposer de modèles plus représentatifs de la physiologie humaine que les modèles cellulaires classiques ou animaux, afin de mieux prédire la toxicité, l’efficacité ou le comportement d’un candidat médicament avant son passage en essais cliniques.
Si ces technologies suscitent un intérêt croissant à l’échelle internationale, elles peinent encore à s’imposer dans les parcours réglementaires. Selon le cahier des charges de l’appel à projets Démonstration de la valeur des organoïdes et organes sur puce, elles manquent toujours de données robustes, reproductibles et comparables aux méthodes actuellement utilisées. C’est précisément ce verrou que souhaite lever l’État. Le dispositif financera des démonstrateurs capables d’apporter des preuves scientifiques, translationnelles et comparatives démontrant que les organoïdes et les organes sur puce peuvent compléter, voire remplacer, certaines expérimentations animales ou améliorer les stratégies de médecine de précision.
Les projets devront ainsi produire des données comparables aux résultats obtenus avec les modèles in vitro, les modèles animaux ou les données cliniques existantes. Ils devront également intégrer des approches de modélisation computationnelle ou d’intelligence artificielle afin d’améliorer la prédictivité et l’interprétation des résultats. À terme, l’ambition est de contribuer à une meilleure acceptation réglementaire de ces nouvelles méthodes d’évaluation.
Bpifrance cible plusieurs domaines d’application. Les consortiums pourront notamment proposer des projets portant sur la modélisation de maladies, y compris des pathologies rares, ou sur des profils physiologiques spécifiques comme la pédiatrie, les personnes âgées ou les femmes enceintes.
Les travaux pourront également concerner la prédiction de la biodisponibilité ou de l’élimination des candidats médicaments, l’évaluation de toxicités hépatiques, cardiaques, neurologiques ou rénales, l’étude des barrières biologiques, comme la peau, l’intestin ou la barrière hémato-encéphalique, ou encore le développement de méthodes destinées à remplacer des tests réglementaires aujourd’hui réalisés sur l’animal. Les comparaisons devront s’appuyer sur des analyses statistiques solides afin de démontrer la valeur ajoutée des modèles développés.
L’appel à projets s’adresse exclusivement à des consortiums. Les candidatures individuelles ne sont pas autorisées. Chaque projet devra être piloté par une PME, une ETI ou une grande entreprise et associer au minimum un partenaire académique ou hospitalier, une PME ainsi qu’une ETI ou une grande entreprise. Les consortiums sont limités à six partenaires et les entreprises participantes doivent être immatriculées en France. Cette organisation traduit la volonté de rapprocher les acteurs de la recherche, de la santé et de l’industrie afin d’accélérer le transfert des innovations vers le marché.
Les projets devront présenter une assiette de dépenses comprise entre 2 et 6 millions d’euros pour une durée comprise entre 18 et 36 mois. Le niveau de maturité technologique attendu correspond à un TRL de 6 à 7 minimum lorsque cette échelle est applicable, ce qui signifie que les démonstrateurs devront être suffisamment avancés pour démontrer leur intérêt dans des conditions proches d’un usage opérationnel.
Les dépenses éligibles couvrent notamment les frais de personnel, les équipements, la recherche contractuelle, les prestations de conseil, les brevets, les études de faisabilité et la sous-traitance, dans la limite de 30 % du budget de chaque partenaire. Pour les entreprises, l’aide prendra la forme d’un financement composé pour moitié de subventions et pour moitié d’avances remboursables. Les taux d’intervention dépendront de la taille de l’entreprise, de la nature des travaux et du caractère collaboratif du projet. Les organismes de recherche pourront, selon leur statut, bénéficier de subventions couvrant jusqu’à la totalité de certains coûts éligibles.
Au-delà de la qualité scientifique, les dossiers seront évalués sur leur capacité à structurer une filière française compétitive. Bpifrance examinera notamment le caractère innovant de la solution, la crédibilité technique, éthique et réglementaire du projet, la complémentarité du consortium, la solidité du modèle économique, la stratégie de propriété intellectuelle, les perspectives d’industrialisation ainsi que les retombées économiques attendues en France. Les candidats devront également démontrer que leur projet respecte le principe européen Do No Significant Harm et présenter son impact environnemental et sociétal.

Actualités
IA et robotique
Opéré par Bpifrance, ce dispositif encourage les collaborations industrielles pour renforcer l’autonomie technologique

Avis d'experts
Guichet

Parisa-Louise Darzi
Coordinatrice opérationnelle Projets nationaux

Publications sectorielles
FRANCE 2030
Consultez la dernière mise à jour des appels à projets de France 2030, dont le budget est de 54 milliards d’euros
Nous sommes une entreprise européenne leader dans le service intégral des financements publics aux activités de R&D&I et d’investissement.
Une entreprise innovante qui investit dans la recherche et le développement (R&D) peut bénéficier du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) et obtenir des exonérations fiscales et sociales significatives. Ce dispositif soutient les start-ups et PME qui transforment leurs projets de R&D en véritables leviers de croissance.
Identification et coordination de programmes européens ; recherche et mise en relation avec des partenaires stratégiques