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Intelligence artificielle
L’intelligence artificielle et le conseil en innovation
Transformer l’IA en automatisation, en financements et en propositions de recherche, développement et innovation plus solides
IA et robotique
Opéré par Bpifrance, ce dispositif encourage les collaborations industrielles pour renforcer l’autonomie technologique
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Les industriels de la robotique disposent d’un nouveau dispositif de soutien avec l’appel à projets Défi Flagships. Lancé dans le cadre de France 2030 et opéré par Bpifrance, il finance le développement de sous-systèmes innovants destinés aux robots, aux drones et aux machines intelligentes. Le dispositif s’adresse à des consortiums réunissant grands groupes et acteurs émergents, avec une clôture des candidatures fixée au 6 avril 2027.
Les industriels de la robotique disposent désormais d’un nouveau levier de financement. Dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Défi Flagships mobilise des aides publiques pour accompagner le développement de sous-systèmes innovants destinés aux robots, aux drones et aux machines intelligentes, dans une logique qui dépasse le simple financement de démonstrateurs. La date limite pour le dépôt des dossiers est le 6 avril 2027.
L’objectif est de consolider une offre souveraine, capable de répondre aux besoins de filières critiques, de réduire les dépendances extra-européennes et de transformer des briques technologiques en produits de référence. Opéré par Bpifrance, le dispositif s’inscrit à la croisée de plusieurs priorités publiques : innovation industrielle, autonomie stratégique, transition écologique et montée en puissance de l’intelligence artificielle dans le monde physique.
Le contexte est celui d’un marché où la robotique ne se limite plus à l’automatisation traditionnelle. L’accélération de l’IA, notamment dans la perception, le traitement multimodal, la robotique cognitive et la décision autonome, ouvre la voie à des machines capables de percevoir leur environnement, d’interagir avec les utilisateurs, de s’adapter aux situations et d’exécuter des tâches complexes. Le cahier des charges de Défi Flagship insiste sur cette articulation entre IA et robotique : la valeur de l’intelligence artificielle se matérialise lorsqu’elle s’incarne dans des systèmes actifs, opérant dans des environnements industriels, logistiques, agricoles, maritimes, terrestres ou aériens.
Le dispositif vise des sous-systèmes innovants, c’est-à-dire des ensembles fonctionnels autonomes pouvant être développés, testés et optimisés avant leur intégration dans un robot, une machine intelligente ou un drone. Les projets pourront porter sur des briques structurelles, comme l’architecture mécanique, la stabilité, la motorisation, la sûreté ou l’interaction homme-machine ; sur des fonctions de gestion d’énergie, d’actuation, de contrôle, de navigation, de cybersécurité ou de propulsion ; ou encore sur des capacités cognitives liées à la perception, aux capteurs, au traitement de données, à l’analyse d’images et à l’apprentissage. Le champ reste volontairement ouvert, à condition que la proposition aille au-delà de l’état de l’art, vise des marchés identifiés et présente un potentiel de réutilisation dans d’autres contextes applicatifs.
Les bénéficiaires attendus sont des consortiums. Chaque projet devra associer au moins une grande entreprise ou une ETI de dimension européenne ou internationale, implantée sur des marchés identifiés, et un ou plusieurs acteurs émergents, définis comme des entités créées depuis moins de 12 ans. Des laboratoires publics ou privés, des infrastructures d’innovation, des SATT, IRT, ITE, pôles, clusters ou instituts peuvent également rejoindre le groupement lorsque leur présence est pertinente. Le cahier des charges recommande de limiter les consortiums à six partenaires, sans en faire une obligation, et laisse la possibilité d’intégrer des partenaires européens non financés ou des sous-traitants lorsque cette ouverture renforce la trajectoire du projet.
Le parcours est jalonné en deux temps. La phase 1, d’une durée de six mois, doit permettre de préparer la conception, le développement et la validation du projet avant le démarrage opérationnel. Elle mobilise une aide publique comprise entre 50 000 et 100 000 euros. Deux relèves sont prévues pour cette première étape : le 24 septembre 2026, puis le 6 avril 2027 (date de clôture de l’appel à projets).
La phase 1 ne se réduit pas à une formalité administrative. Les lauréats devront produire une étude de faisabilité technique et économique, une analyse des risques, un cahier des charges fonctionnel, un plan de charge, une maquette physique ou virtuelle, une feuille de route technique, une stratégie de financement de la phase 2, une stratégie de dissémination et des indicateurs de performance technologique, sociale, économique et environnementale. L’accord de consortium signé fait également partie des livrables attendus. Le passage en phase 2 dépendra de leur validation et d’un avis favorable rendu après audition.
La phase 2, d’une durée de 24 à 30 mois, porte sur le développement opérationnel du sous-système sous forme de produit. Les projets devront en principe présenter une assiette de dépenses éligibles supérieure à 4 millions d’euros. Des projets compris entre 1 et 4 millions d’euros, qualifiés de graines de flagships, pourront être examinés à titre exceptionnel s’ils démontrent une contribution majeure aux enjeux de souveraineté ou de résilience et l’impossibilité de constituer un flagship complet. Les projets devront partir d’un niveau de maturité technologique (TRL) d’au moins 4 et viser, sans que cela soit présenté comme une exigence ferme, une progression d’au moins trois niveaux pour atteindre TRL 7 ou plus.
Les dépenses éligibles couvrent notamment les salaires chargés des chercheurs, post-doctorants, ingénieurs et techniciens, les frais connexes, la sous-traitance dans la limite de 30 % de l’assiette globale, les amortissements d’instruments et matériels de R&D, certains coûts de refacturation interne, les frais de mission et les autres frais d’exploitation directement liés au projet.
Pour les entreprises, l’aide de phase 2 prendra au maximum la forme de 50 % de subventions et au minimum de 50 % d’avances remboursables, avec une répartition plus favorable possible, jusqu’à 60 % de subventions, lorsque les effets positifs sur la transition écologique sont explicités et quantifiés. Les organismes de recherche peuvent recevoir 100 % des coûts marginaux ou 50 % des coûts complets, mais ne peuvent porter plus de 25 % des coûts éligibles en phase 2.
La sélection combinera exigence technologique et lecture économique. Bpifrance instruira l’éligibilité, pourra mobiliser deux experts externes et demandera aux porteurs de défendre leur projet lors d’une réunion d’expertise. Les critères portent sur l’adéquation à la stratégie nationale, la qualité du consortium, la solidité financière, l’accès aux marchés, la propriété intellectuelle, la cybersécurité, les normes, l’impact environnemental et la crédibilité du calendrier.

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Parisa-Louise Darzi
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