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Transition agricole

Un nouvel appel à projets pour développer les biosolutions agricoles

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Les points clés de cet article

Bpifrance ouvre, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Grand défi biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie (GDBBA). Ce dispositif soutient des projets collaboratifs visant à accélérer le déploiement de biosolutions agricoles, soit en créant de nouveaux modèles d’affaires, soit en généralisant des méthodes déjà éprouvées. Les candidatures peuvent être déposées lors de quatre relèves entre novembre 2026 et septembre 2027.

Deux volets. L’appel à projets finance la création de nouveaux modèles d’affaires et le changement d’échelle de solutions existantes.
Des consortiums. Chaque projet doit être porté par une entreprise et associer un partenaire scientifique indépendant.
Des subventions. Le dispositif couvre notamment les dépenses de personnel, de recherche, d’équipements et d’études.
Des critères exigeants. Les candidats doivent démontrer la viabilité économique et le potentiel de déploiement de leur projet.
Quatre relèves. Les dossiers pourront être déposés entre le 4 novembre 2026 et le 9 septembre 2027.

Réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques conventionnels et aux engrais de synthèse sans compromettre les performances des exploitations : c’est l’objectif du biocontrôle et de la biostimulation, deux approches qui mobilisent des mécanismes naturels afin de protéger les cultures et renforcer leur développement. Pour accélérer leur déploiement, Bpifrance lance, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Grand défi biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie (GDBBA). Les candidats pourront déposer leur dossier lors de quatre relèves prévues les 4 novembre 2026, 17 février, 26 mai et 9 septembre 2027 (date limite).

Le dispositif s’adresse à des consortiums capables de démontrer qu’une solution de biocontrôle ou de biostimulation peut changer d’échelle grâce à une innovation technique, mais aussi à une nouvelle organisation de la chaîne de valeur. L’enjeu n’est pas de financer un produit supplémentaire, mais de faire émerger des approches susceptibles d’améliorer durablement l’adoption de ces méthodes par les agriculteurs, les coopératives, les distributeurs, les industriels agroalimentaires, les collectivités ou les organismes de conseil et de recherche.

Quels projets sont attendus ?

Deux catégories de projets sont attendues. La première concerne la création d’une nouvelle entité ou d’une nouvelle activité reposant sur un modèle d’affaires disruptif. Il peut s’agir d’un service de conseil spécialisé, d’une structure de formation, d’un dispositif assurantiel, d’une plateforme d’aide à la décision ou d’une organisation collective territoriale. Ces projets doivent dépasser la logique « un problème, une solution » et associer services, pratiques agronomiques et mécanismes naturels. Leur assiette budgétaire doit atteindre au moins 1,2 million d’euros. La durée maximale est de quatre ans et la demande d’aide ne peut pas dépasser 1 million d’euros.

La seconde catégorie vise la démultiplication de l’usage d’une méthode déjà existante, par exemple une solution disposant d’une autorisation de mise sur le marché ou déjà éprouvée dans certaines exploitations. L’objectif peut être d’augmenter les surfaces concernées, de réduire les coûts de production, d’améliorer la formulation ou l’application, d’adapter les circuits de distribution, de former les utilisateurs ou d’intégrer la méthode dans les cahiers des charges d’une filière. Le projet doit partir d’une solution crédible et expliquer comment la porter à une échelle nettement supérieure. L’assiette minimale est de 1,5 million d’euros, la durée peut atteindre cinq ans et la demande d’aide recommandée ne dépasse pas 2 millions d’euros.

Qui peut déposer un dossier ?

Le chef de file doit être une entreprise au sens européen : exploitation agricole, coopérative, entreprise de transformation, distributeur, industriel des biosolutions, société de services ou structure fédérant plusieurs entreprises. Les établissements publics ne peuvent pas diriger le consortium. Bpifrance privilégie les groupements de trois à six partenaires aux compétences complémentaires. Chaque projet doit aussi inclure un partenaire scientifique indépendant du chef de file et bénéficiaire d’une aide : organisme de recherche, institut technique, établissement d’enseignement agricole, chambre d’agriculture ou acteur des sciences humaines et sociales.

Son rôle ne doit pas être décoratif. Il doit contribuer à l’état de l’art, à la qualité des indicateurs, à l’évaluation des impacts, à la production de connaissances transférables et à la solidité des livrables. Les consortiums les plus convaincants associeront ainsi expertise agronomique, connaissance des usages, maîtrise économique, capacité de déploiement, gestion des données et compréhension des freins à l’adoption.

Quelles dépenses sont éligibles ?

L’aide est accordée sous forme de subvention. Elle peut couvrir les frais de personnel, l’amortissement des équipements, la recherche contractuelle, l’achat ou la licence de brevets, le conseil, les études de faisabilité, ainsi que certains investissements productifs et travaux de sous-traitance. Ces deux derniers postes sont chacun limités à 30 % de l’assiette totale. Pour les entreprises, l’intensité maximale dépend de leur taille, de la nature des travaux et du caractère collaboratif du projet. Elle peut atteindre 80 % pour une petite entreprise engagée dans des travaux de recherche industrielle en collaboration effective. Les organismes de recherche peuvent être financés à 100 % de leurs coûts marginaux ou à 50 % de leurs coûts complets.

Comment les dossiers seront-ils évalués ?

Pour être compétitif, un dossier devra surtout démontrer un besoin clairement identifié, un modèle économique capable de survivre après la subvention et une trajectoire de déploiement mesurable. Les candidats devront chiffrer le point de départ, les objectifs visés, les utilisateurs concernés, les surfaces ou volumes supplémentaires attendus, les gains économiques et la capacité du consortium à lever simultanément les obstacles techniques, commerciaux et organisationnels. L’appel à projets GDBBA vise donc moins les projets encore exploratoires que les initiatives suffisamment mûres pour prouver qu’une autre manière de diffuser le biocontrôle et la biostimulation est possible, crédible et reproductible à grande échelle.