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Horizon Europe recentre ses priorités et allège les démarches pour 2026-2027
Le programme introduit des appels à projets horizontaux, moins de ‘topics’ et un soutien accru aux talents de la recherche en Europe
Bioéconomie
Le plan intègre des instruments pour mettre à l’échelle les technologies, développer les marchés et renforcer l’approvisionnement durable en biomasse
Les points clés de cet article
La Commission européenne présente un nouveau cadre destiné à stimuler la bioéconomie au cours de la prochaine décennie, en combinant financement, simplification réglementaire et nouveaux outils d’investissement pour accélérer l’industrialisation des solutions biologiques. La stratégie s’attaque aux goulets d’étranglement technologiques et financiers existants, renforce l’accès au capital pour les jeunes entreprises, soutient les infrastructures de démonstration et établit des mécanismes pour créer des marchés stables de matériaux biosourcés, le tout accompagné de nouvelles règles garantissant une utilisation durable de la biomasse.
La Commission européenne a défini un nouveau cadre pour orienter la bioéconomie européenne durant la prochaine décennie. Le document combine soutien financier, simplification réglementaire et nouveaux instruments d’investissement afin d’accélérer l’expansion industrielle de solutions fondées sur les ressources biologiques et d’en promouvoir l’usage dans les secteurs stratégiques. Le plan mobilise des lignes spécifiques de financement pour la recherche, la démonstration et le passage à l’échelle industrielle, inclut des mesures destinées à développer les marchés de matériaux biosourcés, introduit des exigences pour garantir un approvisionnement durable en biomasse et prévoit des mécanismes pour attirer des capitaux privés grâce à des outils inspirés de modèles existants.
La stratégie part d’un diagnostic partagé par les institutions européennes et les secteurs concernés : la recherche en biotechnologies et en bioproduction a progressé, mais sa mise en œuvre industrielle reste limitée par des blocages réglementaires, financiers et commerciaux. Le nouveau cadre cherche à réduire ces obstacles grâce à une combinaison de financements européens et de coordination avec les instruments nationaux et régionaux, ainsi que des règles plus agiles pour la mise en service de nouvelles installations et technologies.
« L’Europe a démontré son potentiel dans les innovations biosourcées, mais si elle ne développe pas ses propres capacités industrielles dans ce domaine, elle dépendra de pays tiers », souligne Damián Muruzábal, responsable de l’Aire Alimentation et Bioéconomie chez Zabala Innovation. C’est pourquoi l’un des axes centraux de la nouvelle stratégie réside dans l’impulsion à l’innovation appliquée et à l’investissement industriel, afin de favoriser le passage à l’échelle et l’industrialisation des solutions biosourcées.
Bruxelles identifie deux étapes critiques dans le développement de la bioéconomie : entre la démonstration et la première production à l’échelle commerciale, puis entre cette phase et le passage à l’échelle industrielle. Pour combler ce vide, le plan prévoit que le prochain cadre financier pluriannuel intégrera des instruments pour la recherche, la démonstration et le déploiement industriel. Parmi ceux-ci figurent le Fonds de compétitivité et un volet spécifique d’Horizon Europe portant sur la biotechnologie et la bioéconomie. La Commission européenne entend que ces ressources permettent d’assurer un flux continu des laboratoires vers les phases de production, avec un accent particulier sur les projets de grande envergure et l’implantation de bioraffineries et d’unités de bioproduction avancée de matériaux et composés biosourcés.
Dans l’attente du prochain budget européen, le cadre prévoit l’utilisation d’instruments déjà opérationnels. Cela inclut des programmes de coopération public-privé, un soutien renforcé aux investissements à risque en phases précoces et des lignes adaptées à la transition industrielle. Ces outils seront intégrés aux recommandations de la Banque européenne d’investissement (BEI), dont l’analyse a mis en évidence la nécessité de renforcer la capacité des entreprises à gérer les phases de validation technique et d’industrialisation précoce.
La stratégie prévoit également des mesures spécifiques pour améliorer l’accès au financement des start-up et des entreprises en croissance. À partir de 2026, le fonds Scale-up Europe orientera des capitaux vers les entreprises fondées sur des technologies biologiques en phase d’expansion. Cet instrument sera coordonné avec la BEI et les autorités financières nationales. Le plan inclut également des services du Conseil européen de l’innovation (EIC) dédiés aux technologies de la bioéconomie, ainsi que la révision du partenariat Circular Bio-based Europe Joint Undertaking (CBE-JU), copiloté par la Commission européenne et le Bio-based Industries Consortium (BIC), dont Zabala Innovation est membre associé.
Parallèlement, le document souligne l’importance d’introduire des outils financiers capables d’attirer des capitaux privés vers les projets industriels. Bruxelles annonce ainsi qu’elle identifiera de nouveaux mécanismes inspirés de modèles tels que le European Circular Bioeconomy Fund et qu’elle travaillera avec les institutions financières nationales pour déployer des instruments compatibles. La coordination de cet ensemble reposera sur un nouveau Bioeconomy Investment Deployment Group, prévu pour la période 2026–2028, rassemblant institutions européennes, banques publiques et acteurs privés. Sa mission sera de structurer des portefeuilles de projets, partager les risques et renforcer l’accès au financement pour les installations de bioproduction et les matériaux biosourcés.
L’extension des infrastructures de pilotage, de démonstration et de passage à l’échelle constitue un autre pilier du plan. L’accès à des installations présentant des niveaux intermédiaires de maturité technologique est considéré comme un obstacle récurrent au développement des bioprocédés. Le cadre proposé connecte des services existants tels que Green Assist et Enterprise Europe Network, prévoit un développement supplémentaire des infrastructures associées aux Projets importants d’intérêt européen commun (IPCEI) dans la biotechnologie et la bioproduction, et propose la création de mécanismes de coordination entre plateformes industrielles. La stratégie inclut également un soutien à des projets de déploiement industriel au sein même des IPCEI.
Le chapitre consacré aux marchés rassemble plusieurs outils destinés à créer et soutenir une demande stable de matériaux et technologies biosourcés. La Commission propose de créer une Alliance européenne des biosourcés réunissant des entreprises prêtes à s’engager dans des achats conjoints, pour un volume estimé allant jusqu’à 10 milliards d’euros en matériaux biosourcés d’ici 2030. Le document prévoit également des mesures pour encourager le développement de produits issus de bioprocédés et pour soutenir les installations de démonstration avec des niveaux intermédiaires de maturité technologique.
L’UE identifie par ailleurs des secteurs spécifiques où les produits biosourcés devraient pouvoir se développer et renforcer leur compétitivité, tels que les plastiques et polymères, les textiles, les fertilisants biosourcés ou encore les matériaux de construction durables.
Sur le plan réglementaire, l’objectif principal est d’accélérer les autorisations, d’harmoniser les normes et de simplifier la classification des produits biosourcés. La stratégie propose ainsi d’introduire des sandboxes pour tester des solutions biotechnologiques en conditions contrôlées, d’adopter des procédures d’autorisation plus rapides pour les procédés microbiens et de simplifier les permis relatifs aux activités de bioproduction. Le plan envisage également un forum européen des régulateurs et innovateurs à partir de 2026, un guide de classification des nouveaux produits biosourcés et un point d’entrée unique pour les autorisations et évaluations.
La section consacrée à la biomasse vise à garantir sa disponibilité future grâce à des pratiques de gestion respectant les limites écologiques. La Commission européenne privilégie la biomasse secondaire, les sous-produits, les déchets et la valorisation circulaire comme axes stratégiques. Cette approche s’accompagne de nouveaux critères de protection de la biodiversité, ainsi que d’initiatives visant à rémunérer les agriculteurs et les sylviculteurs adoptant des pratiques de conservation des sols ou contribuant au renforcement des puits de carbone. Enfin, le cadre analyse le contexte mondial et considère que la diversification des partenaires et des marchés permettra de réduire les risques dans les chaînes d’approvisionnement en matériaux biosourcés.

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Camino Correia
Directrice Projets européens / Comité exécutif

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