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BEI
Petit guide des opportunités offertes par la Banque européenne d’investissement et comment y accéder
Les points clés de cet article
La Banque européenne d’investissement (BEI) est devenue un pilier central du financement européen, soutenant des projets à fort impact économique, social et environnemental. Grâce à ses différents instruments — prêts, garanties, capitaux et financements mixtes (‘blending’) — la BEI et sa filiale, le Fonds européen d’investissement (FEI), facilitent l’accès aux ressources pour les administrations publiques, les entreprises et les start-ups.
La Banque européenne d’investissement (BEI) s’est imposée comme l’un des grands moteurs financiers de l’Union européenne. Son rôle n’est pas de concurrencer les banques commerciales, mais de mobiliser l’investissement dans des projets générant un impact économique, social et environnemental. Bien que son nom soit souvent associé aux grandes infrastructures, la BEI – avec sa filiale, le Fonds européen d’investissement (FEI) – propose des solutions adaptées à tous types d’acteurs, des collectivités territoriales aux jeunes entreprises innovantes.
Rocío Fernández, responsable du domaine financier des Projets européens chez Zabala Innovation, souligne que le cabinet maîtrise parfaitement le fonctionnement de la banque : « Notre expérience accumulée dans les opérations d’entreprise en Espagne, avec des projets ayant mobilisé des centaines de millions d’euros de financements BEI, nous permet d’offrir une vision pratique et stratégique de l’ensemble du processus », explique-t-elle. « Nous avons accompagné des entreprises industrielles, technologiques et énergétiques dans la structuration de programmes d’investissement répondant aux exigences européennes en matière d’innovation, de durabilité et de cohésion », ajoute-t-elle.
De son côté, David Aristu, consultant en projets européens chez Zabala Innovation, précise que « l’accès au financement de la BEI demande plus qu’une bonne idée : il nécessite une planification technique et financière rigoureuse, une narration cohérente et une connaissance approfondie des mécanismes disponibles ». Zabala Innovation, poursuit-il, « s’attache à concevoir des projets solides et bien étayés, à optimiser leur adéquation avec les instruments financiers européens et à garantir un dialogue fluide avec la banque tout au long du processus – de l’évaluation initiale à la clôture et au suivi de l’opération ».
Ainsi, bien connaître les instruments de la BEI – et savoir les combiner efficacement – peut représenter l’étape décisive entre une idée sur le papier et un projet concret, financé et opérationnel.
La BEI consacre ses financements à un large éventail de secteurs. Dans le domaine public, elle se concentre sur l’énergie (notamment les renouvelables et l’efficacité énergétique), l’eau, les transports, la numérisation, l’éducation, la santé et le logement social. L’ensemble s’inscrit dans sa feuille de route climatique 2021-2025, centrée sur la transition verte et la neutralité carbone.
Dans le secteur privé, la banque soutient aussi bien les grandes entreprises que les ETI pour leurs projets d’innovation, de durabilité ou de digitalisation. Une grande partie de ces opérations est réalisée via des banques intermédiaires, qui redistribuent les fonds de la BEI aux bénéficiaires finaux.
À l’échelle mondiale, sa branche EIB Global stimule les investissements dans l’énergie durable, la connectivité et la santé hors de l’UE, sous les garanties du programme NDICI/EFSD+, dans le cadre de la stratégie Global Gateway.
Le prêt direct est le produit le plus emblématique de la BEI. Il s’adresse aux administrations ou aux entreprises portant des projets de grande envergure – à partir de 25 millions d’euros – et peut couvrir jusqu’à 50 % du coût total.
Une modalité particulièrement utile pour le secteur public est le prêt-cadre, qui regroupe plusieurs sous-projets dans un même programme d’investissement.
Pour des montants plus modestes, la voie la plus courante passe par les prêts intermédiés. Dans ce modèle, la BEI prête à des banques commerciales, qui financent ensuite les PME et les entreprises de taille intermédiaire à des conditions préférentielles : taux d’intérêt plus faibles, durées plus longues ou plus grande flexibilité. C’est le principal canal d’accès aux fonds de la banque européenne.
Autre outil clé : les garanties. La BEI couvre une partie du risque des opérations, permettant ainsi aux institutions financières d’accorder davantage de crédits. Pour les PME, le FEI gère les garanties InvestEU, qui élargissent l’accès au financement des projets à fort risque technologique ou innovant.
En dehors de l’Europe, les garanties EFSD+ agissent comme un catalyseur d’investissement privé dans les marchés émergents, en réduisant le risque des opérations.
La BEI propose également des instruments hybrides, tels que le venture debt, un financement à mi-chemin entre la dette et les fonds propres, destiné aux PME développant des technologies, solutions ou plateformes hautement innovantes.
Le FEI, pour sa part, soutient les PME européennes en leur apportant des capitaux propres ou quasi-propres via des fonds de capital-risque, de croissance et d’impact, les aidant ainsi à innover et à se développer. Pour ce faire, il collabore avec des gestionnaires de fonds et des investisseurs afin de mobiliser du capital public et privé et de partager le risque d’investissement à l’échelle européenne.
Les facilités de financement mixte de la BEI combinent les subventions de la Commission européenne avec des financements à long terme de la BEI ou d’autres institutions éligibles, mobilisant ainsi des capitaux ou dettes supplémentaires provenant d’investisseurs publics ou privés.
Le mécanisme de blending – utilisé notamment dans certains programmes CEF Transport ou EIC Accelerator – réduit le risque des projets et accroît l’impact des ressources européennes en associant subventions, assistance technique, bonifications d’intérêts et instruments financiers tels que le capital-risque ou les garanties.
La banque applique un processus d’évaluation particulièrement rigoureux. Chaque projet est analysé non seulement pour sa rentabilité financière, mais aussi pour son impact économique, social et environnemental.
Il doit être aligné sur les politiques et priorités de l’UE – transition verte, innovation, numérisation ou cohésion territoriale – et respecter les normes environnementales et sociales de la BEI, ainsi que les règles européennes de la commande publique.
L’institution évalue des paramètres tels que le rendement socio-économique, la réduction des émissions ou la cohérence avec la taxonomie européenne. En somme, il s’agit de démontrer que le projet contribue concrètement aux objectifs communs européens.
L’accès dépend de la taille du projet.
Pour les opérations supérieures à 25 millions d’euros, il est possible de s’adresser directement à la BEI avec un dossier de projet, évalué selon des critères techniques, économiques et environnementaux. Après approbation, le prêt est signé et débloqué par étapes.
Pour les projets de plus petite envergure, la voie la plus directe passe par les banques nationales qui relaient les lignes de crédit de la BEI.
Les intermédiaires financiers peuvent également accéder aux garanties InvestEU du FEI.
La BEI propose des durées longues et des conditions compétitives, grâce à sa notation AAA et à son faible coût de financement sur les marchés. En contrepartie, elle exige rigueur technique, transparence et conformité réglementaire.
La banque recommande d’intégrer dès la conception du projet son impact environnemental et social, de justifier sa contribution aux objectifs européens et de structurer correctement les procédures de passation des marchés.

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Daniel Errea
Consultant en Projets européens

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