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Métaux critiques 3 soutient la souveraineté industrielle française

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Les points clés de cet article

L’appel à projets Métaux critiques 3, déployé par Bpifrance dans le cadre de France 2030, soutient les investissements et les innovations visant à réduire la dépendance française aux matières premières stratégiques. Les entreprises ont jusqu’au 23 février 2027 pour déposer leur candidature.

Secteurs stratégiques. Le dispositif cible notamment les besoins des filières de l’énergie, de l’aéronautique, de l’électronique et de la défense.
Projets soutenus. Les financements couvrent la production, le recyclage et l’optimisation de l’utilisation des métaux critiques.
Bénéficiaires. Les entreprises de toutes tailles peuvent candidater seules ou en consortium de cinq partenaires maximum.
Financement. Les aides combinent généralement des subventions et des avances remboursables, selon la nature du projet.
Taux d’aide. Le financement peut atteindre 70 % pour la recherche industrielle et 45 % pour le développement expérimental dans les petites entreprises.

La sécurisation de l’approvisionnement en métaux critiques constitue un enjeu majeur pour l’industrie française. Batteries, énergies renouvelables, aéronautique, électronique ou défense : de nombreuses filières stratégiques dépendent de matières premières dont la production et la transformation sont souvent concentrées dans un nombre limité de pays. Cette situation expose les entreprises aux tensions géopolitiques, aux restrictions commerciales et aux ruptures d’approvisionnement. Afin de réduire ces vulnérabilités, Bpifrance déploie, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Métaux critiques 3, dont la date limite de dépôt des dossiers est fixée au 23 février 2027.

Quels projets sont attendus ?

Le dispositif soutient les investissements et les innovations capables de renforcer l’autonomie industrielle française et européenne, tout en améliorant les performances environnementales des chaînes de valeur. Métaux critiques cible trois grandes catégories d’initiatives :

  • la production de métaux primaires et recyclés, notamment à travers l’extraction, la séparation, le raffinage, la purification ou la valorisation de déchets et de produits en fin de vie ;
  • la numérisation et l’automatisation de la production de matières premières, grâce au développement de nouvelles méthodes, technologies et procédés industriels ;
  • la réduction de la consommation de métaux critiques, par l’optimisation des quantités utilisées, l’adaptation des qualités requises ou la substitution de matériaux sans dégrader les performances finales.

Les projets concernant le lithium, le cobalt, le nickel, le graphite, les terres rares, le cuivre ou encore le gallium figurent parmi les initiatives susceptibles d’être soutenues. Cette liste n’est toutefois pas exhaustive.

Le dispositif privilégie les projets ayant dépassé le stade de la recherche amont et pouvant rapidement déboucher sur une production préindustrielle ou industrielle. Les phases d’ingénierie préparatoires à une implantation industrielle en France sont également éligibles.

Qui peut déposer un dossier ?

L’appel à projets s’adresse aux entreprises de toutes tailles, seules ou réunies en consortium de cinq partenaires maximum. Les entreprises en création peuvent également candidater, sous réserve que leur dossier soit présenté par leurs futurs actionnaires. Le montant minimal des dépenses dépend de la taille de l’entreprise et de la configuration du projet :

  • 2 millions d’euros pour un projet individuel porté par une startup, une PME ou une ETI ;
  • 3 millions d’euros pour un projet collaboratif dirigé par l’une de ces entreprises ;
  • 5 millions d’euros pour un projet individuel ou collaboratif porté par une grande entreprise.

Les travaux doivent être réalisés en France, ne pas avoir été engagés avant le dépôt de la demande d’aide et bénéficier d’un cofinancement des porteurs. Autre condition essentielle : les projets doivent contribuer à la capacité industrielle duale nationale, en répondant aux besoins de chaînes de valeur présentant des applications civiles et de défense.

Quelles dépenses sont éligibles ?

Le financement couvre deux grandes catégories de dépenses. D’un côté, les investissements industriels comprennent notamment les actifs corporels et incorporels nécessaires aux nouvelles installations ou activités industrielles. De l’autre côté, les activités de recherche, développement et innovation peuvent intégrer les frais de personnel, l’amortissement des équipements, la recherche contractuelle, les brevets, les prestations de conseil et les études de faisabilité.

L’aide combine généralement des subventions, à hauteur de 60 % maximum, et des avances remboursables, représentant au moins 40 % du soutien accordé. Les taux de financement dépendent de la taille de l’entreprise, de la nature des travaux et du régime d’aides mobilisé. À titre indicatif, ils peuvent atteindre 70 % pour la recherche industrielle et 45 % pour le développement expérimental dans les petites entreprises.

Comment les dossiers seront-ils évalués ?

La sélection repose principalement sur la capacité des projets à réduire concrètement les dépendances industrielles. En règle générale, les candidats doivent viser une diminution d’au moins cinq points de pourcentage du taux de dépendance pour les métaux concernés. Cet objectif doit normalement être atteint dans les cinq années suivant les investissements, avec de premiers résultats significatifs sous deux ans. Des adaptations restent possibles pour certains projets particulièrement innovants ou risqués.

Bpifrance examinera également la maturité technologique, la solidité financière, les perspectives commerciales, les créations d’emplois et la contribution aux chaînes de valeur stratégiques. La performance environnementale constitue un autre critère déterminant. Les projets doivent respecter le principe DNSH, qui exclut les activités causant un préjudice important à l’environnement.

Les candidatures devront ainsi démontrer leur capacité à concilier souveraineté industrielle, compétitivité économique et réduction de l’empreinte environnementale, avec des résultats mesurables et une perspective crédible d’industrialisation.