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Décarbonation

Un dispositif pour digitaliser et décarboner la logistique française

Les points clés de cet article

L’appel à projets Logistique 4.0 2025 s’inscrit dans la stratégie nationale de digitalisation et de décarbonation des mobilités. Porté par le plan France 2030, il soutient les innovations capables de renforcer la souveraineté logistique, la compétitivité économique et la transition écologique du pays. Trois axes structurent ce dispositif : la transformation numérique, la transition durable et l’adaptation climatique des chaînes logistiques.

La digitalisation renforce la souveraineté. Les projets favorisent la traçabilité des flux, l’interopérabilité et la maîtrise des données logistiques.
Les chaînes logistiques se verdissent. L’électrification, la cyclologistique et les hubs mutualisés sont au cœur des priorités environnementales.
L’adaptation devient stratégique. Les infrastructures doivent anticiper les effets du changement climatique sur les approvisionnements.
La collaboration s’impose. Les consortiums publics-privés et les démonstrateurs territoriaux sont encouragés pour tester les innovations.
Une logistique au service de la résilience. Le dispositif vise à consolider un secteur jugé essentiel à la sécurité économique nationale.

L’État met un nouvel accent sur la modernisation du secteur logistique avec l’appel à projets Logistique 4.0 2025. Inscrit dans la stratégie nationale de digitalisation et de décarbonation des mobilités, ce dispositif, dont la date limite de dépôt est fixée au 16 janvier 2026, soutient les innovations technologiques et organisationnelles capables de renforcer la souveraineté logistique, la compétitivité économique et la transition écologique. Trois axes structurent cet appel à projets : la digitalisation des chaînes logistiques, la transition vers des chaînes durables et l’adaptation au changement climatique. Cette nouvelle édition s’inscrit dans le cadre du plan France 2030, confirmant la volonté de l’État de consolider un secteur jugé stratégique pour la résilience du pays.

Une digitalisation au service de la souveraineté logistique

Le premier axe de l’appel à projets met en avant la transformation numérique des chaînes logistiques. Dans un contexte marqué par les tensions internationales et les mutations du commerce mondial, la France souhaite se doter d’outils digitaux capables de garantir une meilleure maîtrise des flux, depuis les portes d’entrée du territoire jusqu’à la livraison du dernier kilomètre. Les projets attendus devront proposer des solutions favorisant l’ouverture et la mutualisation des données, la traçabilité des flux, l’intermodalité entre les modes de transport et la sûreté des échanges.

Cette digitalisation vise non seulement à fluidifier les interfaces entre transporteurs, chargeurs et autorités, mais aussi à améliorer la qualité de service dans les grands hubs nationaux, qu’il s’agisse de ports, d’aéroports ou de plateformes multimodales. Les initiatives utilisant l’intelligence artificielle, les technologies de big data ou encore les plateformes de type mobility-as-a-service seront particulièrement encouragées. L’objectif est de développer une véritable souveraineté logistique, en assurant la maîtrise des données sensibles et en favorisant leur interopérabilité entre acteurs publics et privés.

Les réformes européennes en cours, telles que le Système européen d’entrée/sortie (SES), l’ETIAS ou encore le Guichet Unique Maritime, s’inscrivent également dans cette dynamique d’harmonisation. Le suivi et l’intégration de ces évolutions réglementaires constituent un enjeu central pour les porteurs de projets, appelés à proposer des solutions compatibles avec le cadre européen.

Une transition logistique durable et territorialisée

Le deuxième axe de Logistique 4.0 met l’accent sur la décarbonation du secteur, qui représente environ 10 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. En ville, la logistique du dernier kilomètre pèse à elle seule 25 % des émissions urbaines. Pour répondre aux objectifs de la Stratégie nationale bas-carbone, le gouvernement soutient les projets favorisant l’électrification du transport de marchandises, le développement de la cyclologistique et l’optimisation des flux.

Cette transition repose sur la mise en place de nouvelles organisations logistiques intégrant véhicules électriques, vélos-cargos, hubs mutualisés ou zones de report modal. L’industrialisation de la filière vélo-cargo, encore émergente en France, est perçue comme un levier de souveraineté et d’emploi. Les projets de logistique urbaine durable, d’économie circulaire, de réduction du vide transporté ou de développement du vrac sont également éligibles.

Les porteurs de projets sont invités à concevoir des systèmes permettant de mieux informer les consommateurs sur l’impact environnemental de leurs choix de livraison. L’enjeu est de responsabiliser les usagers tout en favorisant des circuits courts optimisés, contribuant à la relocalisation des activités productives et à la résilience des territoires.

L’adaptation climatique, nouvel impératif stratégique

Le troisième axe de l’appel à projets s’inscrit dans la continuité du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC3). Dans un monde qui se réchauffe à un rythme soutenu, la France souhaite anticiper les conséquences des catastrophes climatiques sur ses chaînes d’approvisionnement. Les projets devront ainsi renforcer la résilience des infrastructures logistiques – ports, entrepôts, réseaux routiers et ferroviaires – face à des aléas de plus en plus fréquents.

L’adaptation passe également par une meilleure connaissance des risques et une planification territoriale adaptée. Les entreprises sont invitées à développer des outils d’évaluation et de modélisation, permettant d’ajuster les stratégies d’approvisionnement et de transport selon différents scénarios climatiques. Cette approche s’inscrit dans une logique de sécurité économique nationale, visant à limiter les ruptures d’approvisionnement et à garantir la continuité des échanges.

Une approche collaborative et expérimentale

Les projets pourront être portés par une grande variété d’acteurs : entreprises, associations, collectivités ou laboratoires de recherche. L’accent est mis sur la collaboration, la co-innovation et la démonstration. Les projets devront s’inscrire dans une logique de recherche et développement, couvrant des niveaux de maturité technologique (TRL) allant de 3 à 8. Les démonstrateurs territoriaux, permettant de tester les solutions en conditions réelles, seront particulièrement valorisés.

Les consortiums associant acteurs publics et privés sont encouragés, de même que les expérimentations menées par des collectivités souhaitant promouvoir l’innovation sur leur territoire. L’objectif est de faire émerger des solutions reproductibles et transférables à l’échelle nationale, capables d’illustrer les bénéfices concrets de la logistique numérique et bas-carbone.

L’appel à projets s’inscrit dans la continuité du volet Transports de France 2030, qui couvre l’ensemble des chaînes de valeur du transport de biens et de personnes. Il prolonge également les objectifs fixés par la Stratégie nationale logistique lancée en 2022, centrée sur la compétitivité, la durabilité et la cohésion des territoires.