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Un nouvel appel à projets en trois phases pour soutenir la filière de l’intelligence artificielle

appel à projets intelligence artificielle

Bonne nouvelle pour les acteurs de l’intelligence artificielle. La semaine dernière, un appel à projets en trois phases a été lancé afin d’accompagner des initiatives de recherche et développement dans ce secteur et, par conséquent, de renforcer la souveraineté nationale. Les relèves pour le dépôt des dossiers de la phase initiale du dispositif Pionniers de l’intelligence artificielle sont fixées au 5 novembre 2025, et au 10 mars et 9 juin 2026. L’instruction et le financement seront opérés par Bpifrance, en partenariat avec l’Agence de programmes Numérique portée par l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique.

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Contrairement aux appels à projets traditionnels, ce dispositif propose un parcours jalonné en trois étapes, avec une sélection progressive et des financements adaptés à chaque niveau de maturité. Les projets retenus en phase 1 devront démontrer la faisabilité technique de leur innovation, avant de pouvoir accéder aux étapes suivantes, qui visent la réalisation d’un démonstrateur, puis l’application concrète sur un cas d’usage économique.

L’Agence de programmes Numérique interviendra sur la première phase pour les projets nécessitant un accompagnement à la création d’entreprise ou au partenariat industriel-académique. Pour les phases ultérieures, Bpifrance reprendra la main, tout en s’appuyant sur l’expertise scientifique de cette agence. Cette articulation vise à combiner soutien financier et accompagnement technologique.

Un dossier à déposer pour chaque étape

La structuration en trois étapes constitue un élément central de cet appel à projets :

  • La phase 1 finance les travaux de faisabilité technique ;
  • La phase 2 soutient le développement avancé d’un système et la construction d’un démonstrateur ;
  • La phase 3, plus sélective, est réservée aux projets capables d’appliquer leurs résultats à un cas d’usage concret et d’esquisser des perspectives d’industrialisation et de commercialisation.

Chaque transition nécessite un nouveau dépôt de dossier et une évaluation approfondie des progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés.

Les thématiques technologiques attendues couvrent plusieurs axes de recherche. Les projets pourront porter sur l’interaction des modèles avec des environnements complexes, notamment dans le champ de la robotique et des agents autonomes. Ils pourront également s’orienter vers de nouvelles architectures de modèles, par exemple pour améliorer la compréhension du monde physique, la mémoire persistante ou le sens commun. Les méthodes d’entraînement innovantes, utilisant des données synthétiques ou des corpus multimodaux, sont également considérées comme prioritaires.

L’appel à projets Pionniers de l’ intelligence artificielle cible des secteurs jugés stratégiques pour l’économie française. Parmi eux figurent la conception et la production industrielle, la santé, la transition écologique et la sécurité. La qualité et l’originalité des bases de données exploitées ou produites dans le cadre des projets seront prises en compte lors de la sélection, en raison de leur rôle structurant dans le développement de solutions en intelligence artificielle.

Dès le dépôt initial, les porteurs devront préciser l’innovation visée, le cas d’usage retenu et le secteur d’application. Le dossier comprendra aussi des critères de performance et des jalons technologiques et opérationnels, qui seront affinés au fil des phases. L’objectif est de disposer d’indicateurs clairs pour mesurer les avancées concrètes des projets et ajuster le soutien en conséquence.

Ce dispositif est ouvert à une diversité d’acteurs. Les PME et ETI à fort potentiel sont éligibles dès la phase 1, de même que les établissements de recherche et d’enseignement supérieur qui portent un projet entrepreneurial ou un transfert technologique répondant aux objectifs du dispositif. Dans le cas de projets collaboratifs, le chef de file doit être une PME ou une ETI, accompagnée d’un maximum de deux autres partenaires, publics ou privés. La complémentarité des compétences au sein du consortium, comme la mise à disposition de jeux de données ou de terrains d’expérimentation, constituera un critère d’appréciation.

Le cahier des charges prévoit une certaine flexibilité dans la composition des partenariats. Des partenaires pourront être ajoutés ou retirés entre les phases, en fonction des besoins du projet. Ainsi, un projet démarré en mode monopartenaire pourra évoluer vers un consortium collaboratif aux étapes suivantes. Cette approche vise à adapter les équipes à la complexité croissante des travaux.

Vers des solutions IA compétitives

Ce nouvel appel à projets a été lancé dans un contexte marqué par une intensification rapide de la recherche mondiale en intelligence artificielle. Les progrès récents en traitement multimodal, en agentification autonome et en robotique cognitive confirment l’importance stratégique de ces technologies pour les économies avancées. Le gouvernement entend, par ce dispositif, favoriser un rythme d’innovation en phase avec cette dynamique et renforcer la capacité des acteurs français à développer des solutions compétitives.

Pionniers de l’IA s’inscrit dans la continuité des initiatives publiques déjà mises en place. En 2023, le programme Communs numériques pour l’intelligence artificielle générative avait permis de développer des ressources partagées telles que des bases de données d’apprentissage ou des modèles génératifs préentraînés. En avril 2024, l’appel à projets Accélération des usages de l’intelligence générative a pris le relais, en encourageant l’expérimentation de ces technologies dans des cas d’usage concrets. Le nouveau dispositif élargit désormais le champ à d’autres briques technologiques de l’intelligence artificielle, au-delà de la seule génération de contenus.

L’objectif affiché est de créer un effet de levier entre investissements publics et privés. En soutenant des projets positionnés sur des points critiques de la chaîne technologique de l’intelligence artificielle, l’État espère favoriser la montée en puissance de solutions capables d’irriguer des filières entières. Les projets les plus prometteurs auront ainsi la possibilité de passer de la preuve de faisabilité à une perspective d’industrialisation et de commercialisation, avec un accompagnement progressif.