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Le Nouveau Bauhaus européen renforce son engagement en faveur du logement

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Les points clés de cet article

L’appel à projets HORIZON-NEB-2026-01 mobilise plus de 100 millions d’euros pour soutenir des projets associant logement abordable, régénération urbaine, durabilité et inclusion sociale. Ouvert jusqu’au 1er décembre, il illustre l’évolution du Nouveau Bauhaus européen vers des interventions à l’échelle des quartiers qui soient viables, participatives et conçues pour s’inscrire dans la durée.

Plus de 100 millions d’euros. Le dispositif finance des projets de recherche et d’innovation dans trois grands domaines de la transformation urbaine.
Logement et participation. Une enveloppe de 37,6 millions d’euros soutient des solutions pour lutter contre le sans-abrisme, de nouvelles méthodes participatives et des projets étudiant les liens entre environnement urbain, expérience sensorielle et santé.
Régénération circulaire. Une enveloppe supplémentaire de 37 millions d’euros finance des solutions visant à améliorer le confort thermique, à prolonger la durée de vie des bâtiments et à exploiter les toitures, les façades et d’autres surfaces.
Viabilité économique. Le troisième volet consacre 26,5 millions d’euros à la mobilisation des investissements, à la coordination entre logement et services sociaux et à la réactivation d’espaces sous-utilisés.
Impact à long terme. Les propositions devront démontrer comment elles amélioreront les quartiers, associeront les citoyens et garantiront le financement, la gestion et l’entretien des interventions.

Le logement abordable, la régénération urbaine et la transition écologique sont devenus certaines des principales priorités de l’Union européenne. Le nouvel appel à projets du Nouveau Bauhaus européen (NEB), HORIZON-NEB-2026-01, en est une bonne illustration : doté de plus de 100 millions d’euros et ouvert jusqu’au 1er décembre, il financera des projets associant innovation, développement durable et inclusion dans les villes.

L’appel à projets s’articule autour de trois grands domaines d’intervention. Le premier met l’accent sur la participation citoyenne, l’inclusion sociale et l’accès au logement ; le deuxième encourage les solutions circulaires pour régénérer l’environnement bâti ; et le troisième recherche de nouveaux modèles de financement capables de garantir la viabilité des interventions à long terme. Dans leur ensemble, les financements soutiendront des projets intégrant des enjeux tels que le sans-abrisme, la santé, le confort thermique, la réutilisation des bâtiments, l’investissement privé ou encore l’entretien des espaces urbains.

Le logement donne un nouvel élan au NEB

L’édition 2026 intervient alors que le logement occupe une place croissante dans l’agenda européen et après que le Conseil de l’Union européenne a recommandé, en mai, d’intégrer les valeurs du NEB dans les politiques et programmes nationaux. Les orientations européennes privilégient la rénovation plutôt que la démolition, l’utilisation de matériaux durables, la participation citoyenne ainsi qu’une meilleure coordination entre les administrations publiques, l’industrie, les investisseurs et les acteurs sociaux.

Ainsi, « le NEB a cessé d’être un cadre essentiellement conceptuel pour se concrétiser dans un programme consacré au logement, à la régénération urbaine et à la transformation des quartiers, avec une orientation de plus en plus opérationnelle », souligne Antonio Barrios, consultant au sein du domaine d’expertise Régions et villes de Zabala Innovation. Aux côtés de Marta Bascuñana, consultante au sein du domaine d’expertise Innovation sociale, il a participé au dialogue technique organisé par la Commission européenne et au Policy Lab de l’Initiative urbaine européenne, qui se sont tenus à Rome les 16 et 17 juin.

Jon Ander Ortuondo, également consultant au sein du domaine d’expertise Innovation sociale, rappelle que les dernières recommandations européennes, bien qu’elles ne soient pas contraignantes, « donnent des indications claires sur les priorités politiques et d’investissement qui devraient orienter l’évolution des programmes européens dans les prochaines années ». Cette influence, précise-t-il, ne se limitera pas aux instruments européens, mais pourra également se répercuter à l’échelle nationale à mesure que les États membres intégreront les principes du NEB dans leurs politiques et leurs programmes de financement.

M. Ortuondo souligne également que l’initiative « est désormais beaucoup plus étroitement liée à la compétitivité industrielle, à l’innovation et au Clean Industrial Deal ». La transformation du parc immobilier ouvre ainsi des perspectives pour les chaînes de valeur liées aux matériaux circulaires et à faibles émissions, même si les technologies devront également répondre à des besoins sociaux clairement identifiables. Au-delà de ses performances énergétiques ou environnementales, la rénovation d’un bâtiment devra démontrer ses effets sur l’accessibilité financière, le bien-être des habitants et la qualité de leur environnement.

Trois priorités pour régénérer les villes

Dans ce contexte, les topics du volet consacré à la participation, à l’inclusion et à la démocratie locale – doté de 37,6 millions d’euros – couvrent des approches fondées sur un accès stable au logement pour lutter contre le sans-abrisme, de nouvelles méthodes participatives pour concevoir les espaces publics ainsi que l’étude des liens entre environnement urbain, expérience sensorielle et santé. Les propositions devront associer les habitants et les usagers dès les premières étapes, en accordant une attention particulière aux groupes vulnérables ou sous-représentés. Les consultations ponctuelles cèdent du terrain à des processus permettant à la communauté de participer aux décisions concernant les usages, la conception et la gestion.

Une enveloppe supplémentaire de 37 millions d’euros est réservée à la régénération circulaire de l’environnement bâti. Les axes éligibles comprennent des solutions abordables pour améliorer le confort thermique, des systèmes de maintenance prédictive permettant de prolonger la durée de vie des bâtiments et des moyens d’exploiter les toitures, les façades et d’autres surfaces verticales. Ce dernier domaine couvre aussi bien les infrastructures vertes et l’agriculture urbaine que des extensions permettant de créer de nouveaux usages ou des logements sans artificialiser davantage de sols. Les projets devront évaluer les conséquences sociales de la densification et prévenir l’augmentation du coût de la vie dans les quartiers ou le déplacement de leurs habitants.

Le troisième domaine, doté d’un budget de 26,5 millions d’euros, porte sur la viabilité économique de la transformation urbaine. La Commission recherche des projets capables de coordonner logement et services sociaux pour lutter contre le sans-abrisme, d’attirer des capitaux vers les initiatives NEB et de réactiver des bâtiments, infrastructures ou terrains vacants et sous-utilisés. M. Barrios voit dans cette orientation un changement d’échelle : « L’Europe cesse progressivement de considérer la régénération urbaine comme une addition de projets pilotes isolés ». L’objectif, explique-t-il, consiste désormais à élaborer des modèles de quartier reproductibles et finançables, avec des responsabilités clairement définies en matière de gestion, d’investissement et d’entretien.

Les enseignements de Rome

Ces orientations ont été confortées lors de l’événement organisé à Rome. Dans la capitale italienne, des représentants de villes, d’institutions européennes et des professionnels de l’urbain ont analysé l’utilisation des bâtiments existants et la mobilisation des investissements en faveur du logement social et abordable. La visite du projet We-Z, dans l’ensemble de logements sociaux de Vigne Nuove, a permis d’observer comment une intervention du NEB peut associer espace public, mémoire collective, nature, culture, bien-être des jeunes et médiation sociale.

Selon Mme Bascuñana, l’un des principaux enseignements opérationnels de la rencontre est que « la transformation des quartiers doit être envisagée comme un exercice de gouvernance à long terme et non comme une amélioration physique ponctuelle ». Le travail avec la communauté exige du temps, de la confiance, de la facilitation ainsi que des interlocuteurs capables de traduire des intérêts différents en décisions de projet. « Cela oblige également à définir dès le départ qui sera chargé de la programmation des espaces et de leur entretien une fois les financements européens arrivés à leur terme », ajoute-t-elle.

Les clés d’une proposition compétitive

Dans ce contexte, la préparation d’une proposition compétitive dans le cadre de l’appel à projets du NEB exigera davantage qu’une solution architecturale séduisante ou qu’une technologie affichant de bons indicateurs environnementaux. Les consortiums devront démontrer leur connaissance du quartier, une participation précoce, leur capacité de mise en œuvre et la cohérence de leur stratégie financière. Les collectivités locales, universités, centres de recherche, entreprises de construction, gestionnaires de logements, organisations sociales et structures culturelles peuvent jouer des rôles complémentaires, à condition que la gouvernance soit clairement définie et que les personnes concernées participent réellement aux décisions.

Les propositions devront démontrer leur capacité à améliorer l’accès au logement, à réduire les vulnérabilités, à valoriser le patrimoine sous-utilisé et à créer des espaces plus sains et plus agréables à vivre. Elles devront également garantir la continuité des interventions : comment seront-elles financées, qui en assurera l’entretien et quels mécanismes permettront d’éviter que la régénération n’aboutisse à l’éviction des personnes qu’elle était censée aider. « L’enjeu n’est plus seulement de financer des interventions, mais de structurer des projets de quartier viables, pérennes et socialement légitimes », conclut Mme Bascuñana.