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L’appel à projets EcoIDEN accompagne des investissements dans les centres de données durables et l’économie circulaire des équipements
Les points clés de cet article
L’Ademe lance, dans le cadre de France 2030, l’appel à projets EcoIDEN pour soutenir l’industrialisation de solutions innovantes en faveur d’un numérique plus durable. Le dispositif finance des projets portant sur les infrastructures de données résilientes et l’économie circulaire des équipements numériques, avec des aides combinant subventions et avances remboursables. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 9 décembre 2027, avec une relève intermédiaire fixée au 29 octobre 2026.
Face à l’essor des usages numériques et à la pression qu’ils exercent sur l’énergie, l’eau et les ressources, l’État veut accélérer le passage à l’échelle des solutions les plus sobres. Piloté par l’Ademe dans le cadre de France 2030, l’appel à projets Infrastructures de données et équipements numériques résilients et durables (EcoIDEN) cible les entreprises et consortiums capables d’industrialiser des innovations suffisamment mûres pour transformer la chaîne de valeur du numérique responsable. Deux relèves sont prévues, les 29 octobre 2026 et 9 décembre 2027 (date limite pour le dépôt des dossiers). Une réunion de pré-dépôt est obligatoire au moins un mois avant la remise du dossier complet.
Le dispositif part d’un constat préoccupant : le numérique représente 4,4 % des émissions françaises de gaz à effet de serre et 11 % de la consommation nationale d’électricité. Les centres de données concentreraient 46 % de l’empreinte carbone du numérique en France, tandis que leur consommation électrique mondiale pourrait doubler d’ici à 2030 par rapport à 2022. EcoIDEN entend donc concilier numérisation, compétitivité industrielle et réduction des impacts environnementaux.
L’appel à projets s’adresse aux personnes morales publiques ou privées, exerçant ou non une activité économique. Les candidatures peuvent être portées par une entreprise seule ou par un consortium associant entreprises, organismes de recherche, établissements publics, collectivités ou acteurs de l’économie sociale et solidaire. Dans le cas général, un consortium pourra réunir jusqu’à cinq partenaires demandeurs d’aide. Pour les projets collaboratifs relevant de l’innovation de rupture, le coordinateur devra être une entreprise.
Deux catégories de projets sont attendues. Les démonstrateurs doivent faire progresser une solution d’un niveau de maturité technologique (TRL) 5 vers un TRL 7, avec une validation préindustrielle ou industrielle et une perspective de réplication. Les projets d’industrialisation doivent accélérer la mise sur le marché ou le déploiement de solutions améliorant la performance environnementale du secteur. La durée indicative maximale est de trois ans. Le coût total doit atteindre au moins 2 millions d’euros, seuil abaissé à 500 000 euros pour certains projets non économiques de biens communs ou impliquant l’économie sociale et solidaire. Le plafond est fixé à 5 millions d’euros, sauf justification particulière.
Le premier axe porte sur les infrastructures de données durables et résilientes. Sont notamment visés le refroidissement liquide ou immersif, la récupération de chaleur fatale, l’écoconception des centres de données, le pilotage des consommations, la maintenance prédictive des serveurs et les solutions innovantes d’approvisionnement énergétique. Pour le refroidissement, l’ambition minimale comprend une consommation d’eau inférieure à 0,2 litre par kilowattheure jusqu’à 50 °C de température extérieure, ainsi qu’une température d’entrée du fluide d’au moins 32 °C. Les projets de valorisation devront récupérer au moins 30 % de la chaleur fatale.
Le second axe concerne l’économie circulaire appliquée aux équipements numériques. Il couvre l’écoconception d’équipements robustes, modulaires, évolutifs, démontables et réparables, ainsi que l’industrialisation de la réparation, du réemploi et du reconditionnement. Les projets peuvent aussi viser l’automatisation des opérations, la récupération de composants électroniques ou l’approvisionnement en métaux critiques à partir des déchets d’équipements électriques et électroniques. Les logiciels ne sont éligibles que s’ils servent directement l’un de ces objectifs.
L’aide pourra combiner subventions et avances remboursables. Pour les activités économiques, la répartition générale prévoit 60 % de subvention et 40 % d’avance remboursable, dans la limite des intensités autorisées. À titre indicatif, les taux maximaux peuvent atteindre 80 % pour certaines petites entreprises en recherche industrielle collaborative, 60 % en développement expérimental collaboratif et 60 % pour des investissements relevant de la protection de l’environnement. Les activités non économiques peuvent, dans certains cas, être financées jusqu’à 100 % des coûts éligibles retenus.
Les dossiers seront évalués sur la solidité du montage, la capacité financière, l’innovation, les impacts environnementaux et socio-économiques, la réplicabilité, la qualité du consortium et la crédibilité du modèle d’affaires. Les projets territoriaux sont encouragés s’ils démontrent un besoin local, une mobilisation des acteurs et un potentiel de diffusion.

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Parisa-Louise Darzi
Coordinatrice opérationnelle Projets nationaux

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