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Tout savoir sur le statut de Jeune Entreprise Innovante
Découvrez les conditions pour obtenir ce statut et les détails des avantages fiscaux que celui-ci octroie
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Focus sur un dispositif qui vise à transformer les jeunes pousses en champions de l’innovation
Le paysage entrepreneurial français a vu naître une myriade de dispositifs destinés à soutenir la recherche et l’innovation. Parmi ceux-ci, le statut de Jeune Entreprise Universitaire (JEU) se distingue par son ambition de lier plus étroitement le monde académique et celui de l’entreprise. En offrant plusieurs avantages fiscaux et sociaux, ce statut incite les jeunes entreprises à valoriser les travaux de recherche effectués dans les établissements d’enseignement supérieur.
« Le statut de Jeune Entreprise Universitaire constitue un dispositif clé pour les PME innovantes désireuses de se développer sur la base de la recherche académique », souligne Gora Ndiaye, consultant en financement de la recherche et de l’innovation chez Zabala innovation. « Ses avantages fiscaux et sociaux permettent de diminuer significativement les coûts opérationnels, favorisant ainsi l’investissement dans des projets de R&D ambitieux. Cependant, le cadre strict d’éligibilité et la nécessité d’une gestion proactive des conditions requises imposent aux entreprises une discipline rigoureuse. Pour celles qui sauront en tirer parti, le statut de JEU peut se révéler être un véritable levier de croissance et d’innovation », ajoute-il.
Pour prétendre au statut de JEU, les entreprises doivent répondre à des critères spécifiques, scrupuleusement définis. Tout d’abord, l’entreprise doit être une petite ou moyenne entreprise (PME), c’est-à-dire qu’elle doit employer moins de 250 personnes et réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros, ou disposer d’un bilan total inférieur à 43 millions d’euros.
Ensuite, pour bénéficier des exonérations fiscales et sociales, les entreprises créées avant le 1er janvier 2023 doivent avoir été créées moins de 11 ans auparavant, tandis que celles créées à partir de cette date doivent avoir moins de 8 ans. Une autre condition clé réside dans la composition de l’actionnariat et de la direction : l’entreprise doit être dirigée ou détenue à au moins 10 % par des étudiants, des diplômés récents (moins de cinq ans) d’un master ou d’un doctorat, ou par des personnes impliquées dans l’enseignement ou la recherche.
L’activité principale de l’entreprise doit porter sur la valorisation des travaux de recherche auxquels les dirigeants ou associés ont participé au sein d’un établissement d’enseignement supérieur. Cette valorisation doit être formalisée par un contrat avec l’établissement en question. En outre, le capital de la JEU doit être détenu à au moins 50 % par des individus physiques, d’autres jeunes entreprises innovantes, des associations ou fondations reconnues d’utilité publique, des établissements publics de recherche et d’enseignement, ou des sociétés d’investissement.
Enfin, la JEU doit exercer une activité nouvelle, non issue d’une concentration, d’une restructuration, d’une extension d’activités existantes ou d’une reprise.
Une JEU créée avant le 31 décembre 2023 peut bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les bénéfices lors de son premier exercice bénéficiaire. Cette exonération se réduit à 50 % pour l’exercice suivant. Si l’entreprise ne remplit plus une des conditions requises, elle perd ce bénéfice, mais peut toujours bénéficier d’une exonération à hauteur de 50 % pour l’exercice en cours et l’exercice suivant.
Cependant, les JEU créées à partir du 1er janvier 2024 ne pourront plus bénéficier de cette exonération d’impôt sur les bénéfices. En revanche, elles pourront toujours prétendre à l’exonération de la taxe sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises (CFE), sous réserve de décisions locales par les communes et les EPCI à fiscalité propre. Ces exonérations peuvent durer jusqu’à sept ans et sont conditionnées à des démarches déclaratives auprès des services fiscaux compétents.
Sur le plan social, une JEU créée avant le 31 décembre 2025 peut bénéficier d’une exonération de cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales. Cette exonération est plafonnée à 7 951,12 euros par mois de rémunération et à un montant annuel de 231 840 euros par établissement. Les rémunérations concernées incluent celles des ingénieurs-chercheurs, techniciens, gestionnaires de projets de R&D, juristes spécialisés en protection industrielle, et autres personnels directement impliqués dans les opérations de recherche et développement.
Les mandataires sociaux qui participent principalement aux activités de R&D sont également éligibles. Cette exonération est appliquée automatiquement par l’entreprise dès lors qu’elle estime remplir les conditions requises, sans nécessité de déclaration préalable auprès de l’Urssaf.
Il convient de noter que les entreprises éligibles au statut de JEU doivent choisir entre ce régime et d’autres dispositifs comme ceux destinés aux entreprises nouvelles, ou créées en zones franches urbaines, zones de revitalisation rurale, bassins urbains à dynamiser, ou zones de développement prioritaire. Le choix de ce statut est irrévocable et doit être effectué dans les neuf premiers mois suivant le début de l’activité ou de l’exercice comptable.
Pour savoir si votre entreprise peut bénéficier du Crédit d’impôt recherche, complétez ce diagnostic.
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