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Transition agricole

Trois dispositifs pour accélérer l’alimentation durable en France

aap alimentation durable

Dans le cadre du plan France 2030, le Gouvernement vient de lancer trois nouveaux appels à projets dédiés à une alimentation saine, durable, traçable et bénéfique pour la santé. Ces dispositifs visent à soutenir des solutions innovantes, à renforcer la résilience des filières agricoles et agroalimentaires et à favoriser la transition écologique. Pilotés par Bpifrance, ces appels à projets s’inscrivent dans une dynamique de réindustrialisation et de souveraineté alimentaire, au cœur de la nouvelle loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire adoptée en mars dernier.

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« Ces dispositifs incarnent une nouvelle génération de politiques d’innovation : ciblées, interconnectées et conçues à l’échelle des filières », analyse Parisa-Louise Darzi, coordinatrice des projets nationaux pour la France chez Zabala Innovation. « Ils traduisent une volonté claire d’articuler transition écologique, souveraineté alimentaire et compétitivité industrielle », ajoute-t-elle.

Prototypes innovants

Le premier dispositif, intitulé Financement des prototypes innovants, soutient le développement de préséries industrielles d’équipements agricoles intégrant des technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle. Ces prototypes devront être testés en conditions réelles, en tenant compte de la diversité des systèmes de production et des conditions naturelles propres à chaque zone agricole : type de sol, humidité, température, précipitations, ensoleillement, entre autres. L’objectif du Gouvernement est de favoriser l’émergence d’équipements agricoles au service de l’agroécologie et de la transition énergétique.

Les thématiques visées sont la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et l’amélioration du bien-être animal, entre autres. L’intégration d’outils intelligents constitue un critère de valorisation pour les projets soumis. « Le potentiel de transformation de l’intelligence artificielle est réel, mais il doit être mis au service des filières dans une approche pragmatique, en phase avec les besoins concrets des exploitations », souligne Mme Darzi. Ce dispositif s’adresse aux acteurs industriels capables d’engager des dépenses comprises entre 200 000 euros et 3 millions d’euros.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 28 avril 2026, avec deux relèves intermédiaires prévues : le 11 septembre et le 10 décembre 2025.

Solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques

Le second appel à projets, baptisé Prise de Risque Amont Aval et Massification (PRAAM), s’inscrit dans la stratégie nationale Ecophyto 2030. Il a pour objectif d’accompagner des consortiums pilotés par des coopératives, des organisations de producteurs ou des industriels, afin de tester et déployer à l’échelle territoriale des combinaisons de solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques. L’approche privilégie l’expérimentation de dispositifs d’accompagnement à la prise de risque, afin de lever les freins à la diffusion de pratiques agroécologiques éprouvées.

« Ce dispositif marque un tournant important, car il reconnaît que l’adoption de nouvelles pratiques dépend autant des technologies disponibles que de la capacité à sécuriser le risque économique pour les agriculteurs et les transformateurs », explique Mme Darzi. Les projets attendus doivent être cohérents sur le plan agronomique et mobiliser des compétences en ingénierie de la transition.

La date limite de dépôt est fixée au 14 avril 2026, avec deux relèves intermédiaires prévues : le 21 octobre 2025 et le 14 janvier 2026.

Résilience agroalimentaire

Le troisième dispositif, intitulé Résilience et capacités agroalimentaires 2030, prolonge un précédent appel à projets qui avait permis de soutenir 92 initiatives, représentant 315 millions d’euros d’investissements publics. Il cible désormais de manière plus précise les maillons critiques de la chaîne de valeur agricole et alimentaire. Trois priorités ont été définies : les intrants agricoles essentiels, la réindustrialisation de segments à fort potentiel et les démarches collectives de transition.

Les projets devront répondre à des seuils d’investissement significatifs : plus de 3 millions d’euros pour les projets industrielles et plus de 500 000 euros pour les initiatives collectives. En outre-mer, ce seuil est abaissé à 200 000 euros. L’État apportera un soutien sous forme de subventions et d’avances remboursables. L’éligibilité des dossiers sera évaluée au regarde de leur contribution à la souveraineté alimentaire, à la relocalisation industrielle, à l’innovation et à la résilience des filières.

Selon Mme Darzi, « ce troisième appel à projets reflète une volonté claire de structurer des filières stratégiques, en cohérence avec les enjeux de transition écologique et de sécurité d’approvisionnement ». La notion de résilience, placée au cœur du dispositif, recouvre à la fois la capacité d’adaptation des entreprises face aux chocs climatiques et économiques, et la pérennité des chaînes d’approvisionnements.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 11 mars 2026, avec une relève intermédiaire prévue le 30 septembre 2025.

Cap stratégique

L’ensemble de ces dispositifs s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint, tout en poursuivant la dynamique engagée initialement avec France Relance, puis renforcée par France 2030. Ce plan d’investissement de 54 milliards d’euros, lancé en 2021, vise à faire émerger les champions industriels et technologiques de demain. L’alimentation y figure parmi les dix objectifs stratégiques, aux côtés de la transition énergétique ou de la santé. France 2030 se positionne ainsi comme un levier majeur de transformation, à l’intersection des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

« Chez Zabala Innovation, en tant qu’accompagnateurs de projets d’innovation, nous constatons que ces dispositifs structurants jouent un rôle clé pour aider les acteurs des filières agricoles et agroalimentaires à anticiper les profondes transformations du secteur. En associant financement, ingénierie de projet et approche filière, ils offrent un cadre propice à l’émergence de solutions concrètes, à la fois techniquement solides et économiquement durables », conclut Mme Darzi.