Aller aux nouvelles

Décarbonation

Les clés d’un dossier Décarb Ind pour financer vos projets de décarbonation industrielle

Vous vous demandez si votre projet peut bénéficier de Décarb Ind ? N'hésitez plus... CONTACTEZ-NOUS

Les points clés de cet article

L’appel à projets Décarb Ind est un dispositif majeur de soutien à la décarbonation industrielle en France. Il cible des projets matures, supérieurs à 3 millions d’euros de CAPEX, capables de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, avec des exigences élevées sur l’éligibilité, la mesure des gains carbone, la cohérence économique et l’inscription dans une trajectoire de décarbonation à long terme.

Le guichet rouvre. Les industriels peuvent déposer leurs dossiers aux relèves du 7 septembre 2026 et du 20 mai 2027.
L’impact carbone prime. Les projets doivent éviter au moins 1 000 tonnes de CO₂e par an.
La maturité s’impose. Les candidats doivent présenter des investissements solides, documentés et prêts à être engagés.
La stratégie compte. L’Ademe demande une trajectoire de décarbonation du site aux horizons 2030 et 2050.
La performance conditionne l’aide. Le versement final dépend des réductions réellement mesurées après mise en service.

Très attendu depuis l’annonce par le Gouvernement d’une nouvelle relève en 2026 et après la clôture du précédent guichet, Décarb Ind fait son retour parmi les grands dispositifs de soutien à la décarbonation industrielle. Opéré par l’Ademe dans le cadre de France 2030, cet appel à projets s’adresse aux industriels prêts à engager des investissements structurants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de leurs sites, avec un cadre désormais actualisé par les modifications du cahier des charges approuvées au Journal officiel du 2 mai 2026. L’État rouvre ainsi un outil sélectif, centré sur des projets matures, mesurables et capables de produire un impact carbone significatif.

Pour les porteurs de projet, l’enjeu n’est pas seulement de présenter une technologie intéressante : il faut démontrer sa maturité, son impact carbone et son besoin réel d’aide publique. « Les prochaines relèves, fixées au 7 septembre 2026 puis au 20 mai 2027, ne laissent pas de place aux dossiers improvisés », alerte Parisa-Louise Darzi, coordinatrice opérationnelle Projets nationaux chez Zabala Innovation France, selon qui « le bon réflexe consiste, d’abord, à se poser les bonnes questions ».

Mon projet est-il éligible ?

Le candidat doit être une personne morale de droit privé, maître d’ouvrage des investissements, sur un site industriel situé en France hexagonale ou en Outre-mer. Le projet doit représenter plus de 3 millions d’euros de CAPEX et demander une aide strictement inférieure à 30 millions d’euros. Il doit surtout permettre d’éviter au moins 1 000 tonnes de CO₂e par an, à niveau de production équivalent, sur les catégories 1 et 2 du bilan réglementaire des émissions de gaz à effet de serre (BEGES), au périmètre du site concerné ou, le cas échéant, de l’entreprise ou du groupe lorsque les réductions portent aussi sur d’autres sites.

Quels types de projets ou de leviers peuvent être soutenus ?

Les leviers éligibles couvrent plusieurs familles. L’efficacité énergétique peut financer le remplacement d’équipements par des solutions plus sobres ou certaines récupérations de chaleur. Le changement de mix énergétique vise notamment l’électrification de procédés ou d’utilités, ainsi que des énergies thermiques renouvelables ou de récupération lorsqu’elles ne relèvent pas déjà d’un autre guichet Ademe. Le mix matières peut porter sur le recyclage, les matières alternatives ou l’efficacité matière. Le captage du CO2 peut être soutenu s’il conduit à un stockage géologique sûr et permanent ou à une utilisation réellement séquestrante de long terme.

Quelles opérations sont exclues du dispositif ?

Sont notamment écartés les équipements de combustion d’énergies fossiles, la production d’électricité renouvelable, la décarbonation de bâtiments, les équipements mobiles, les unités de pyrolyse ou de pyrogazéification et les usages non séquestrants du CO₂. Décarb Ind 25 n’est pas non plus le bon outil pour les prototypes, les démonstrateurs R&D ou les opérations relevant principalement d’un autre dispositif Ademe. Les opérations déjà commencées ou commandées avant le dépôt sont inéligibles.

Quels documents et justificatifs faut-il préparer ?

La qualité du dossier sera déterminante. Le porteur doit fournir notamment un volet technique solide, un volet technico-financier cohérent, un calendrier crédible, une étude de faisabilité de moins de deux ans, les calculs détaillés de réduction de GES, les schémas énergétiques ou matières et les moyens de mesure après mise en service. Pour les projets d’efficacité énergétique ou de changement de mix énergétique, un audit énergétique de moins de quatre ans ou une revue ISO 50001 est attendu. Le dossier doit aussi intégrer l’analyse DNSH, la grille d’adaptation climatique, les éléments CEE éventuels et la dernière liasse fiscale.

Comment montrer que le projet s’inscrit dans une stratégie de décarbonation crédible ?

L’Ademe attend également une vision d’ensemble. Chaque candidat doit présenter la trajectoire de décarbonation du site aux horizons 2030 et 2050 et démontrer que le projet s’inscrit dans cette feuille de route. Au-delà de 10 millions d’euros d’aide demandée, une évaluation de trajectoire de type ACT est requise (un délai de trois mois après le dépôt peut être laissé si elle n’a pas encore été réalisée au moment du dépôt). Au-delà de 20 millions d’euros, une évaluation socio-économique doit être préparée. Ces exigences distinguent une opération isolée d’un investissement structurant.

Comment les projets sont-ils notés ?

La sélection repose ensuite sur une logique compétitive. Après contrôle de l’éligibilité, les projets sont classés sur 100 points. La note principale, sur 70, mesure l’efficacité de l’aide publique en euros par tonne de CO2 équivalent évitée sur 20 ans. Les 30 points restants valorisent l’ambition technologique et la cohérence avec la trajectoire de décarbonation. Les hypothèses carbone doivent être prudentes : si l’Ademe recalcule une performance inférieure de plus de 20 % à celle annoncée, le dossier peut être rejeté.

Comment l’aide est-elle calculée, versée et ajustée ?

L’aide obtenue dépend des plafonds d’aide, de l’assiette éligible et du contrôle d’absence de surrentabilité : le temps de retour brut après aides doit rester d’au moins trois ans, en intégrant CEE et autres soutiens publics. Après contractualisation, les versements sont progressifs et le solde dépendra notamment de la performance réellement mesurée après un an de fonctionnement stabilisé. Un projet surévalué, insuffisamment mesuré ou dont la performance réelle est inférieure à l’objectif contractuel peut perdre une partie de son aide, voire devoir rembourser des sommes perçues.