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INTERVIEW

« Grâce à nous, le développement des projets est plus agile »

gestion de projets

Rédiger un bon projet de R&D pour qu’il obtienne les subventions européennes qu’il mérite n’est pas facile. Mais trouver un cabinet de conseil capable non seulement d’assumer cette tâche, mais aussi de s’impliquer dans la gestion de projets et dans les différentes étapes de leurs développement, est un véritable défi. « Chaque fois que nous participons à des projets, nous constatons que leur mise en œuvre est plus rapide et plus harmonieuse, ce qui se traduit par une meilleure réalisation des objectifs », souligne Cristina Catalina, responsable des projets européens de Zabala Innovation France.

Quel rôle peut jouer Zabala Innovation dans les projets dont elle est partenaire ?

Tout d’abord, nous pouvons nous charger de la gestion du projet, une tâche à laquelle participent nos consultants techniques. Deuxièmement, un groupe de professionnels ayant une expérience en communication et en journalisme peut diriger le processus de diffusion et de communication. Troisièmement, nous pouvons effectuer les tâches d’exploitation des résultats, qui sont réalisées par un groupe de consultants spécialisés. Et quatrièmement, nous disposons des compétences nécessaires pour mener à bien les tâches liées à l’innovation sociale du projet à partir de notre domaine d’expertise sur ce sujet.

Pouvez-vous en donner un exemple ?

Nous sommes actuellement partenaires dans 48 projets. L’un d’entre eux est Naima, qui vise à créer une nouvelle génération de batteries composites au sodium. Ce matériau présente deux avantages par rapport au lithium, élément couramment utilisé : il est beaucoup moins cher et ne doit pas être importé. Financé à hauteur de 8 millions d’euros dans le cadre du programme Horizon 2020 (précurseur d’Horizon Europe), Naima aura une durée de 42 mois, jusqu’en mai 2023. Son consortium est coordonné par Tiamat, une start-up créée par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Les plus importants acteurs européens dans le domaine des batteries y participent.

Que fait Zabala Innovation dans le projet Naima ?

Nous sommes chargés de la gestion, de la diffusion et de la communication, ainsi que de l’exploitation des résultats. Nous constatons que, de manière générale, ces deux dernières fonctions sont de plus en plus demandées lors de la mise en place d’un consortium de projet. En fait, il est courant que les centres de recherche disposent déjà d’un département directement chargé de la gestion. Toutefois, il est plus difficile de trouver des partenaires ayant une expertise en matière de diffusion, de communication et d’exploitation des résultats.

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Le CEA a lancé une offre de participation à un projet qu’il souhaitait présenter pour un financement dans le cadre d’Horizon 2020 et qui est mené par la société Tiamat. Nous avons commencé à les accompagner dans la rédaction du projet et c’est lors de la phase d’analyse des profils pour trouver des partenaires experts que nous avons réalisé que nous pouvions proposer de couvrir les trois rôles manquants.

En termes de gestion de projets, que fait Zabala Innovation à Naima ?

Nous accompagnons le coordinateur dans les tâches de gestion, c’est-à-dire : nous suivons l’état d’avancement du projet ; nous collaborons à la justification des dépenses et à la rédaction des rapports à soumettre à la Commission européenne ; nous effectuons la gestion des risques et le suivi des plans d’urgence ; et nous collaborons à l’interaction avec la Commission européenne (nous collectons les informations, préparons les documents, accompagnons dans les réunions et préparons les ordres du jour, les rapports, le planning…). Nous soutenons également tous les partenaires en cas de doute (dépenses éligibles, analyse des écarts techniques et économiques, sortie ou entrée d’un partenaire, élaboration d’avenants, entre autres).

Comment s’effectue le travail de diffusion et de communication ?

Nous rédigeons et mettons en œuvre la stratégie de diffusion et de communication. Nous créons l’ensemble de l’image du projet (logo, site web, etc.) et nous occupons des réseaux sociaux, de la rédaction et de l’envoi des newsletters. Il est également important de soigner la mise en réseau afin d’être en contact avec d’autres projets. Nous pouvons aussi organiser des ateliers, des infodays… Notre objectif est de rendre le projet visible au-delà de la communauté des batteries, au niveau européen et international.

En quoi consiste l’exploitation des résultats ?

Le rôle de Zabala Innovation est de définir un plan d’exploitation. Tout d’abord, nous identifions les résultats les plus prometteurs ayant un potentiel d’exploitation. Pour ce faire, nous rencontrons chacun des partenaires (les industriels et le centre de recherche). Une fois cette étape franchie, nous établissons un plan d’exploitation individuel. Nous pouvons également les conseiller sur les droits de propriété intellectuelle, afin qu’ils puissent trouver le moyen le plus approprié de bénéficier des résultats, que ce soit par le biais d’un brevet, de redevances ou d’un autre système.

Pouvez-vous expliquer comment sont réalisées les tâches liées à la partie innovation sociale dans d’autres projets ?

La stratégie de la Commission européenne dans Horizon Europe – qui se reflète dans les différents thèmes dont se compose ce programme – est d’impliquer la société civile afin qu’elle soit sollicitée, participe et influence le développement des projets. C’est tout à fait logique, puisque, en fin de compte, il faut concevoir les projets comme une amélioration pour la citoyenneté. Chez Zabala Innovation, nous disposons de tous les outils nécessaires pour impliquer la société civile à travers des processus participatifs tels que des enquêtes, des ateliers et des workshops, entre autres.

C’est ce que nous faisons dans le cadre d’Immerse, un projet de recherche visant à cartographier l’intégration des enfants réfugiés et migrants en Europe. Ou encore dans le cadre de DigiEcoQuarry, où nous avons mis en place des processus participatifs pour mieux communiquer sur un projet minier, dans le but d’obtenir une meilleure acceptation de la part des populations concernées. Et c’est ce que nous avons fait également dans le cadre de Rezbuild, un projet d’une durée de cinq ans qui s’est terminé en janvier 2022, où nous avons demandé l’avis de locataires et de propriétaires de maisons rénovées de manière durable à Madrid, Oslo et Venise.

Comment Zabala Innovation entre-t-elle habituellement dans un consortium ?

De plusieurs façons. Le plus fréquent est que l’idée de devenir partenaire d’un projet surgit après notre participation à la rédaction de la proposition. Le client nous engage pour l’accompagner dans cette tâche et, lorsque nous allons chercher les profils nécessaires à la mise en place d’un consortium solide et efficace, si le coordinateur n’a pas beaucoup d’expérience dans la gestion de projet, il est très logique qu’il nous demande de collaborer dans cette facette également.

Mais nous proposons également de faire de la diffusion et de la communication, de l’exploitation des résultats et de l’innovation sociale, des compétences et des connaissances qu’il n’est pas courant de trouver dans un cabinet de conseil aux profils spécialisés.

Quelle est la valeur différentielle de Zabala Innovation en tant que partenaire du projet ?

Nous avons souvent constaté que les entités qui dirigent un projet sont extrêmement compétentes d’un point de vue technique, mais moins en termes d’organisation et de coordination, surtout dans les phases initiales et lorsque le consortium est composé de nombreux partenaires qui se connaissent peu.

En revanche, nous sommes impliqués non seulement dans la préparation de propositions, mais aussi dans la gestion et le développement de projets européens depuis plus de 35 ans. De cette manière, notre participation en tant que partenaires permet au processus de démarrer plus rapidement, plus facilement et de manière plus agile et produit de meilleurs résultats, tout en répondant aux objectifs fixés par la Commission européenne. De plus, elle fait épargner des efforts aux autres partenaires et leur permet de se concentrer pleinement sur ce qu’ils font le mieux.