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Transition énergétique

Décarboner l’industrie par la biomasse

ademe BCIAT

Les porteurs de projets innovants dans la production de chaleur renouvelable à partir de biomasse ont jusqu’au 16 octobre 2025 pour déposer leur dossier dans le cadre du dispositif Biomasse chaleur pour l’industrie, l’agriculture et le tertiaire (BCIAT) 2025. Piloté par l’Agence de la transition écologique (Ademe), dans le cadre de France 2030 et financé par le Fonds Chaleur, ce dispositif soutient des installations produisant plus de 12 GWh de chaleur par an à partir de biomasse solide.

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Sont éligibles les projets intégrant une chaudière, un générateur à air chaud, ainsi que, sous conditions, des unités de pyrolyse, pyrogazéification ou méthanisation. BCIAT 2025 s’adresse prioritairement aux industries manufacturières souhaitant substituer les énergies fossiles par des sources renouvelables la biomasse solide.

Les types de biomasse admis sont variés : plaquettes forestières, sous-produits de l’industrie du bois, bois en fin de vie, granulés, mais aussi sous-produits industriels et agricoles. Les projets valorisant du biogaz ou des gaz de synthèse issus de la méthanisation ou de la pyrogazéification sont également éligibles, à condition que la chaleur produite soit autoconsommée sur site.

« Ce cadre est structurant, car il incite à considérer la biomasse non comme une simple alternative fossile, mais comme un levier intégré à la transformation globale des procédés », analyse Parisa-Louise Darzi, coordinatrice des projets nationaux en France chez Zabala Innovation.

Pour les projets de méthanisation, une production thermique minimale de 8 GWh/an est requise, avec un usage du biogaz exclusivement sur site. En pyrolyse ou pyrogazéification, les projets doivent présenter un niveau de maturité technologique (TRL) 9 et un CAPEX d’au moins 3 millions d’euros, avec des garanties de faisabilité technique et d’adéquation aux besoins industriels.

Hiérarchisation énergétique

Les dossiers seront évalués selon quatre critères, pour un total de 100 points : coût de la tonne de CO₂ évitée sur 20 ans (50 points), maturité de la stratégie de décarbonation (25), qualité de l’approvisionnement en biomasse (20) et qualité technique du projet (5). Trois classements seront établis selon la technologie mobilisée : biomasse chaleur directe, pyrolyse/pyrogazéification et méthanisation.

Les projets retenus seront financés en respectant l’ordre de classement et dans la limite d’un volume de 300 000 tonnes par an de plaquettes forestières, ainsi que des ressources budgétaires disponibles. Les projets jugés les moins compétitifs pourront être écartés.

L’appel à projets BCIAT 2025 s’inscrit dans une logique de hiérarchisation énergétique. Avant d’opter pour une solution à base de biomasse, les porteurs doivent démontrer qu’ils ont étudié des alternatives plus sobres ou plus efficaces : réduction des besoins, amélioration des rendements, valorisation de la chaleur fatale ou autres solutions bas carbone. Ce raisonnement doit être formalisé dans une étude d’opportunité énergétique de type PACTE Industrie, préalable indispensable à tout dépôt de dossier. Cofinançable par l’Ademe, cette étude devra être réalisé deux à trois mois avant la soumission du projet.

« Il est essentiel d’adopter une approche systémique. L’étude d’opportunité permet de démontrer que la solution biomasse retenue est bien la plus pertinente sur les plans technique, économique et environnemental », souligne Mme Darzi.

Stabilité de l’approvisionnement

Une réunion de pré-dépôt, obligatoire pour tous les candidats, devra avoir lieu au moins un mois avant la date de clôture. Elle vise à vérifier en amont la pertinence du projet, sa conformité au cahier des charges et la complétude des pièces justificatives.

L’un des points clés de l’évaluation portera sur l’approvisionnement en biomasse. Les projets devront s’inscrire dans une démarche de diversification des sources, avec des garanties claires en matière de traçabilité et de gestion durable. L’Ademe sera particulièrement vigilante à éviter toutes pression sur les ressources forestières locales, en exigeant une transparence renforcée sur les volumes mobilisés et leur origine.

« La stabilité de l’approvisionnement est un facteur déterminant de crédibilité. Les projets qui anticipent les enjeux logistiques et contractuels en amont auront davantage de chances d’aboutir », rappelle Mme Darzi à ce propos.

Depuis sa création en 2008, l’appel à projets BCIAT a permis de financer de nombreux projets industriels d’envergure. L’édition 2025 s’intègre dans la continuité de la Stratégie française pour l’énergie et le climat, avec pour ambition de renforcer la décarbonation de l’industrie. Dans ce cadre, la chaleur renouvelable issue de la biomasse demeure un levier encore sous-exploité, mais doté d’un fort potentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre tout renforçant l’indépendance énergétique accrue des sites industriels.