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Stratégie hydrogène
La France ajuste ses objectifs industriels pour l’hydrogène bas-carbone
La révision de la stratégie nationale lisse le déploiement des électrolyseurs tout en renforçant la chaîne de valeur
Hydrogène vert
Piloté par l’Ademe, l’appel à projets ID H2 soutient le développement de briques technologiques et de démonstrateurs

Le Gouvernement a lancé début mai l’appel à projets Innovation et démonstration hydrogène (ID H2), inscrit dans la stratégie nationale d’accélération de l’hydrogène décarboné. Ce dispositif, qui mobilise un soutien public conséquent, vise à favoriser le développement de technologies innovantes et de démonstrateurs industriels sur l’ensemble de la chaîne de valeur hydrogène. Ouvert jusqu’au 25 septembre 2026, il comporte deux relevés intermédiaires, le 29 septembre 2025 et le 6 avril 2026.
Par le biais de cet appel à projets — successeur du dispositif Briques et démonstrateurs hydrogène, clôturé en janvier 2024 — l’État entend renforcer la compétitivité de la filière française, en soutenant la maturation de briques technologiques innovantes, la réalisation de pilotes industriels et l’essor d’une mobilité lourde décarbonée.
L’appel à projets ID H2, opéré dans le cadre du plan France 2030, s’inscrit ainsi dans une logique de renforcement de l’offre industrielle nationale en hydrogène bas-carbone. Il cible spécifiquement les projets portés par des entreprises, seules ou en consortium, développant des produits, services ou démonstrateurs intégrant des technologies liées à la production, au transport ou aux usages de l’hydrogène. Le coût minimal des projets est fixé à 1,5 million d’euros.
« Ce dispositif poursuit un double objectif », indique Parisa-Louise Darzi, coordinatrice des projets nationaux en France chez Zabala Innovation. « D’une part, il vise à soutenir des innovations technologiques de rupture ; d’autre part, il encourage la mise en œuvre de démonstrateurs concrets, répondant aux besoins réels du marché ».
L’appel à projets ID H2 s’articule autour de quatre axes thématiques.
Les projets devront s’inscrire dans au moins l’un de ces quatre axes thématiques, en intégrant systématiquement une dimension d’innovation et une perspective de marché clairement définie. L’hydrogène utilisé dans le cadre des projets devra être renouvelable ou bas-carbone, conformément aux définitions du Code de l’énergie.
Mme Darzi souligne que « les projets attendus doivent démontrer leur capacité à être répliqués dans d’autres contextes industriels ou géographiques similaires, afin de contribuer à la structuration durable de la filière française ».
L’appel à projets ID H2 couvre un large spectre d’initiatives, allant des composants de systèmes d’électrolyse aux stations de distribution, en passant par les piles à combustible embarquées, les moteurs thermiques à hydrogène, ou encore les systèmes de combustion pour des usages industriels. Des solutions de power-to-gas ou de production décentralisée d’électricité sont également éligibles. Les infrastructures d’expérimentation, telles que les plateformes de tests, peuvent être intégrées aux projets, sous réserve de répondre aux critères d’éligibilité.
Les projets devront également intégrer des éléments de différenciation technologique, économique ou réglementaire. Le cahier des charges du dispositif insiste sur l’importance de l’ancrage dans un écosystème industriel existant, ainsi que sur la capacité à lever les verrous techniques, économiques ou normatifs. L’obtention d’une reconnaissance réglementaire, le dépôt de brevets ou la préparation à des certifications sont fortement encouragés, même si les dépenses associées ne sont pas éligibles au financement.
Sur le volet mobilité, l’appel à projets ID H2 cible les véhicules lourds, qu’ils soient terrestres ou ferroviaires, ainsi que les navires fluviaux et maritimes. L’innovation peut porter sur les réservoirs, les piles à combustible ou encore les infrastructures d’alimentation. La démonstration de prototypes en conditions réelles d’utilisation constituera un critère clé dans l’évaluation des dossiers.
En ce qui concerne les démonstrateurs industriels, le dispositif vise notamment des projets contribuant à la décarbonation de secteurs tels que la sidérurgie, la chimie ou encore la production de verre et de ciment. Les technologies de conversion de l’hydrogène en autres vecteurs énergétiques — comme le méthane de synthèse ou le méthanol — sont également éligibles dans le cadre d’ID H2.
Une attention particulière est accordée à la réduction des coûts d’acquisition et d’exploitation, à l’allongement de la durée de vie des composants, ainsi qu’à l’amélioration de la sécurité. Le raccordement aux réseaux énergétiques existants (gaz, électricité) constitue également un enjeu stratégique majeur du dispositif.
« Les projets devront répondre à un besoin de marché clairement identifié, avec un modèle de déploiement viable à l’issue du projet. C’est une condition indispensable pour bénéficier du soutien public », rappelle Mme Darzi.
Dans sa dimension environnementale, l’appel à projets met également en avant les enjeux liés à l’économie circulaire. Les projets pourront intégrer des travaux portant sur la recyclabilité des matériaux critiques, tels que le platine ou l’iridium, ainsi que sur la réduction de la consommation d’eau dans les électrolyseurs. Ces problématiques deviennent cruciales dans la perspective d’un passage à l’échelle industrielle de l’électrolyse.
ID H2 s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale d’accélération de l’hydrogène décarboné, lancée en septembre 2020 et actualisée en avril dernier. Cette stratégie vise à accompagner progressivement toutes les étapes de développement de la filière, depuis la recherche fondamentale jusqu’à l’industrialisation, en passant par les premières mises sur le marché. Elle repose sur trois piliers : la décarbonation de l’industrie via l’électrolyse, le développement d’une mobilité lourde à hydrogène et le soutien à l’innovation et à la montée en compétences.
Le dispositif ID H2 vient de compléter les précédents appels à projets lancés dans le cadre de France 2030, en mettant l’accent sur la structuration industrielle et la réplicabilité des solutions soutenues. Il représente ainsi une nouvelle étape dans le soutien au développement de l’hydrogène en tant que vecteur clé de la transition énergétique.
L’accompagnement public pourra prendre la forme de subventions ou d’avances remboursables, selon le degré de maturité des projets. « Cet appel à projets permettra d’accélérer la mise sur le marché de solutions innovantes, tout en consolidant les chaînes de valeur industrielles sur le territoire français », conclut Mme Darzi.

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Parisa-Louise Darzi
Coordinatrice opérationnelle Projets nationaux

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