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Quantique

La France remet un milliard d’euros sur le quantique pour viser l’ordinateur universel

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Les points clés de cet article

La France prévoit d’investir un milliard d’euros supplémentaire dans sa stratégie quantique entre 2026 et 2030 afin de renforcer ses capacités de recherche, d’industrialisation et de développement logiciel. Cet effort doit porter le financement public total à 1,7 milliard d’euros et soutenir la construction d’une filière française et européenne dans les technologies quantiques.

L’État investit davantage. Un milliard d’euros supplémentaire doit être mobilisé pour le quantique dans le cadre du plan France 2030.
PROQCIMA change d’échelle. Le programme vise désormais 1 024 qubits logiques à l’horizon 2032.
L’Europe coordonne ses efforts. La France soutient une commande publique mutualisée d’ordinateurs quantiques.
Le logiciel gagne en importance. La stratégie accompagne le développement du middleware et des applications quantiques.
Les talents restent indispensables. Les pouvoirs publics maintiennent leur soutien à la formation et veulent attirer des experts internationaux.

La France engage une nouvelle étape dans sa stratégie quantique. Après un premier cycle lancé en 2021, l’État prévoit de mobiliser un milliard d’euros supplémentaire sur la période 2026-2030 afin d’accélérer le développement d’une filière française et européenne dans les technologies quantiques. L’objectif affiché dans le cadre du plan France 2030 est de progresser vers un ordinateur quantique universel et de renforcer l’autonomie technologique européenne dans ce domaine, tout en consolidant les briques industrielles, logicielles et scientifiques nécessaires à son émergence.

Avec cette enveloppe, le financement public total consacré à la Stratégie nationale quantique atteindrait 1,7 milliard d’euros, tandis que l’engagement global, en incluant les financements privés et européens, dépasserait 3 milliards d’euros à l’horizon 2030.

L’écosystème quantique français

Le quantique recouvre le calcul à très haute performance, les capteurs de nouvelle génération et les communications sécurisées. Ces technologies sont associées à des secteurs comme la santé, l’énergie, les télécommunications, la défense ou la cybersécurité. Elles relèvent aussi d’un enjeu de souveraineté, dans un contexte où les États-Unis et la Chine consacrent des moyens importants à ce domaine. La stratégie française vise donc à réduire la dépendance à des acteurs étrangers et à contribuer à une filière européenne capable de se positionner sur ces technologies.

Depuis 2021, la Stratégie nationale quantique a renforcé les capacités de recherche, de formation et d’expérimentation. Trois ordinateurs quantiques sont aujourd’hui déployés au Très grand centre de calcul du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Le nombre de formations spécialisées a progressé, notamment dans les masters et les doctorats, tandis qu’un tissu d’entreprises françaises s’est développé autour du calcul, des composants, des logiciels et des usages.

Les axes de la stratégie quantique

La recherche et le développement des technologies matérielles

La principale enveloppe concerne la recherche et le développement des technologies matérielles. Elle représente 470 millions d’euros. Dans ce cadre, le programme PROQCIMA, consacré au développement de l’ordinateur quantique, voit son budget renforcé. Les deux prochaines phases seraient dotées de 300 millions d’euros, portant le financement du programme à 358 millions d’euros depuis 2024. L’objectif technologique est également relevé : atteindre 1 024 qubits logiques dès 2032, contre 128 initialement prévus.

Le Gouvernement entend utiliser la commande publique comme levier pour accélérer l’industrialisation. PROQCIMA doit soutenir les entreprises engagées dans le calcul quantique en leur offrant une visibilité sur les besoins futurs. Des projets de R&D conçus avec les entreprises doivent aussi être proposés afin d’anticiper la production de cœurs quantiques et de structurer les chaînes de valeur. L’approche retenue ne porte pas seulement sur les puces. Elle englobe l’électronique de contrôle, l’interconnexion, la cryogénie, les mémoires et les technologies associées.

Une ambition européenne partagée

La dimension européenne constitue un autre volet de la stratégie. Une enveloppe de 160 millions d’euros doit être consacrée à cette ambition commune. La France propose de coordonner les efforts au niveau européen autour d’une commande publique mutualisée d’ordinateurs quantiques. Cette logique doit s’inscrire dans le futur Quantum Act européen, avec des feuilles de route technologiques alignées et une participation aux grands projets communautaires. Une partie des moyens doit également servir à cofinancer de futurs appels à projets européens.

Du ‘middleware’ aux logiciels applicatifs

Le développement des logiciels constitue un autre volet de la stratégie. Le calcul quantique ne dépend pas seulement des machines, mais aussi des couches logicielles qui permettent de les exploiter. La stratégie prévoit de soutenir la création d’un middleware européen, le développement d’algorithmes et l’accès à des machines quantiques pour la recherche et la formation. Des start-up françaises et des acteurs du cloud doivent être accompagnés afin de préparer les usages industriels, encore en construction dans de nombreux secteurs.

La recherche

La recherche demeure un axe central. Les moyens doivent cibler les verrous technologiques du calcul quantique, mais aussi les capteurs et les communications quantiques. Les travaux de recherche publique seront orientés vers les obstacles susceptibles de freiner les entreprises dans les cinq à dix prochaines années. Dans le cadre des priorités stratégiques nationales, des recherches supplémentaires porteront sur les capteurs, les communications et la démonstration d’applications liées à la distribution d’intrication.

Formation et attractivité des talents

La formation et l’attractivité complètent la stratégie. Le besoin en talents demeure important, ce qui conduit l’État à maintenir l’effort sur les cursus spécialisés et à envisager un programme destiné à attirer des talents internationaux. La normalisation, le benchmarking et la métrologie sont également présentés comme des leviers pour garantir l’interopérabilité et la compétitivité des solutions françaises et européennes. La stratégie s’appuie sur des crédits ministériels, des financements européens et des capitaux privés, après 1,8 milliard d’euros déjà engagés sur la période 2021-2025.